C’est dans un taxi, entre la porte de la Chapelle et la porte Maillot, par une chaleur accablante d’un été torride, que naquit le 3 juillet 1971 à 15 heures Yann Saint-Pé.
A 13 ans, pour aller plusieurs fois par semaine dans les petites salles des cinémas du quartier Latin, il doit accroître et quintupler le montant de son argent de poche et crée ainsi “LE PETIT JOURNAL”. Il interviewe BRUNO CREMER, MICHEL BLANC et surtout SERGE GAINSBOURG, rencontre vertigineuse, qu’il verra périodiquement de 1984 à 91. C’est lui qui l’initie et le pousse à aller voir les films de Billy Wilder et c’est un coup de foudre absolu pour le réalisateur et son œuvre.
CANAL+ le remarque dans une rue du Forum des Halles et l'embrigade illico presto pour présenter une toute nouvelle émission : “CANAILLE HEBDO”.
C’est en plein mois de juillet, seul sur une banale route de campagne à Villennes sur Seine, la capuche de son sweet-shirt sur les oreilles, qu’il rêve et imagine son avenir : il écrira des scénarios et les réalisera. Dès cet été-là, il s’enferme dans sa chambre et rédige tant bien que mal son premier scénario. Quelques années après, à 15 ans, avec le pécule du “ PETIT JOURNAL ” et l’argent de quelques publicités, il réalise et autoproduit son premier court-métrage “T'AIME DU MOT JE T'AIME !”. C’est un désastre, mais il se forge.
A 16 ans il fugue et prend un ferry pour la Corse. A son retour, deux mois et demi après, il est convaincu que sa vie c'est le cinoche et rien d'autre. Mais le cinéma, ça ne plaît pas à papa, dissension avec son père : une porte claque et le voilà totalement livré à lui-même, avec vingt centimes, une brosse à dents et la liberté de vivre sa passion. Il ne changera jamais d’axe.
Deux années passent, à 18 ans et un jour, il décroche son premier stage à la réalisation et c’est sur le film “TATIE DANIELLE” d’ETIENNE CHATILIEZ qu’il fait ses premières armes. Grâce aux étrennes de Tatie, il sort de la disette et peut écrire un nouveau court-métrage, complètement dédié à FANNY ARDANT. Il demande de l'aide à Jean Gruault (scénariste de Truffaut), qui l'aiguille plutôt vers BERNARD REVON, autre scénariste, grand complice de François Truffaut, de Claude Sautet et réalisateur des “TURLUPINS”. Rencontre. Admiration. Amitié. Yann Saint-Pé est accepté, même adopté et devient son élève et fils spirituel. Huit années d'apprentissage au scénario où BERNARD REVONS privilégie l’humain et le contenu. Serge Rousseau, le découvreur d’Isabelle Adjani, Gérard Depardieu, Miou-Miou, lui donnera aussi quelques coups de pouce.
En 1998, après avoir suivi des cours de criminologie, Yann Saint-Pé écrit “RESURRECTION” pour Alain Berberian, le réalisateur des “Nuls”. Finalement, “Résurrection” est tourné par Russell Mulcahy avec CHRISTOPHE LAMBERT.
Cette même année, il part pour les pays de l'Est comme second, puis premier assistant de Josée Dayan sur “BALZAC”. Ça l'amuse, il apprend mais c’est loin d’être une sinécure. Il tiendra jusqu'au bout malgré le despotisme de la réalisatrice mais Nobody’s perfect. Immédiatement à son retour, il crée “I Love You Production” et tourne dans un cirque et dans la boue, un court-métrage de 22 minutes, “OUVRE C'EST PAPA !”. TPS l’achète. Son père découvre le film. La porte s'entrebâille.
En 2002, il commence l’écriture de deux longs-métrages, deux projets personnels, pour le cinéma: “LA BELLE ET LE NOBEL” et “LA PETITE FIANCEE”. Unifrance distribue “OUVRE C’EST PAPA !” pour concourir dans différents festivals internationaux. Une copie est tirée en anglais. Été 2002, Yann Saint-Pé est l’assistant réalisateur d’ANDRE TECHINE sur “LES EGARES” avec Emmanuelle Béart et Gaspard Ulliel.
En 2005, commande des USA et de CHRISTOPHE LAMBERT pour une nouvelle écriture de film noir. Yann Saint-Pé et Olivier Bohler, son co-auteur, spécialiste de Jean-Pierre Melville, partent en Italie interviewer le juge anti-mafia FERDINANDO IMPOSIMATO. Court accéléré sur la mafia américaine & Italienne, sur le Vatican et l’Opus Dei. Lecture et étude de plus de 5000 pages à propos du sujet et naissance, à Rome, de “LA 5EME SAISON”, un thriller vaticanais. Les deux compères commencent en parallèle un travail pour « 13eme rue » “PETITS TRACAS DES MORTS”. Une comédie noire et surnaturelle. Entre temps, Yann Saint-Pé a réalisé entre autres un documentaire sur les TRABANT, des spots pour LE MUSEUM DE TOULOUSE, AIR LIQUIDE SANTE, L’ANAAFA ou encore LA POSTE. Il prépare actuellement un 90’ sur Napoléon III et débute l’écriture d’une comédie pour le cinéma avec Michel Klochendler