Soutien à Ischran Jndoyan Annonay

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Lettre à Monsieur le Préfet de l'Ardèche du 15 janvier 2011 : Permettez-nous de vous faire part de notre profonde indignation devant les dernières décisions prises concernant une famille arménienne. . Le jeudi 25 Novembre 2010, Monsieur Jndoyan Ischran a été arrêté à Privas à la sortie d’un rendez-vous à la préfecture où il devait remettre des documents officiels et conduit le jour même au centre de rétention administrative de Lyon Saint-Exupéry. Dés le samedi 27 Novembre 2010, le juge des libertés, constatant l’irrégularité de la procédure d’arrestation le libérait. Le jeudi 23 décembre, avant-veille de Noël, il était convoqué au Commissariat d’Annonay pour recevoir l’ordre de se rendre devant la Police de l’Air et des Frontières à LYON afin d’être expulsé en Arménie le 8 janvier. Cette famille appartient à une minorité kurde Yéside rejetée et persécutée. Ischran y tenait un commerce d’alimentation avec son frère. Après avoir été longtemps racketté par la police locale, son frère a été assassiné... puis sa mère a été mortellement blessée quand ils n’ont plus pu donner de l’argent. Ischran et sa famille ont décidé de fuir le 29 mai 2006 et sont arrivés en France le 31 août 2006. Le père d’Ischran est resté seul mais, après avoir été à plusieurs fois menacé, il a fui en Russie... Le 14 octobre 2009, désespéré, il revient chez lui en Arménie mais à sa grande surprise, la maison est occupée et le magasin a trouvé de nouveaux propriétaires. Quand il est allé déposer plainte à la police, on lui a confisqué ses titres de propriété, il a été frappé violemment et a été hospitalisé plusieurs jours. Aujourd’hui, il vit caché... Spoliée de sa maison d’habitation et de son magasin cette famille n’a plus rien... Mme et M. Jndoyan et leurs quatre enfants risquent leur vie s’ils sont renvoyés dans leur pays qui n’est pas reconnu « pays sûr » par la France. Cette famille vit à Annonay depuis plus de 4 ans. Les quatre enfants sont scolarisés et suivent très honorablement leurs études. S’ils sont régularisés, Ischran pourra travailler, ses enfants pourront poursuivre leurs études. En Arménie, « l’année a été marquée par la persistance de l’impunité pour les atteintes aux droits humains » (rapport 2010 d’Amnesty International).Bien qu’il ne considère pas l’Arménie comme un pays « sûr », l’OFPRA a refusé la demande d’asile, mais aujourd’hui, Ischran a engagé un nouveau recours auprès de la Cour Nationale du Droit d’Asile ; en effet, il lui est impossible d’y retourner car il risque sa vie. C’est inacceptable ! Nous demandons le respect du droit d’asile et de la Convention européenne des droits de l’homme, et de son article 3 : « … nul ne peut être soumis à des traitements inhumains ou dégradants…» Nous demandons l’application de son article 13 … «Toute personne a droit à l’octroi d’un recours effectif devant une instance nationale… ». M. Jndoyan doit être régularisé ainsi que sa famille. Leur pays c’est la France, ils l’ont choisie, il faut qu’ils restent. Le Réseau Education Sans Frontières et le DUDH Annonay vous demandent d’arrêter cette procédure d’expulsion indigne de notre république et de régulariser cette famille.

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