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Les 33 titres des Chansons d'AS DRAGON, utilisés par ALEX DE LOTUS pour écrire le texte intitulé "Va chercher la police" :
Elle avait décidé de faire des travaux dans l’appartement. Nous avions fait le tour des magasins de déco et de bricolage, pour trouver des échantillons. Ce soir là on s’est engueulé beaucoup plus violemment que d’habitude. Par « Jalousie », j’avais attrapé une « Tomette ». Quelque part dans mon cerveau, caché loin derrière la colère, je remarquais sa couleur « Gris métal ». Je la faisais tournoyer dans un mouvement saccadé de « Cyclades électroniques », en direction du visage de « Kim ».
Nous nous étions rencontrés sept mois auparavant. Je bossais chez Alsthom et elle était journaliste pour la télé. Elle venait m’interviewer sur le projet « 0.K. Scorpios » pour son émission « One two three four boys ».
À la première seconde où je l’ai vu, je lui ai dit : « Sugar », « Follow me », même si je sentais que cette relation allait nous mener tout droit en cet instant précis : la faire taire pour de bon.
Nous étions dans la cuisine. Elle était adossée au mur, assise sur une chaise, un coude sur le dossier et l’autre sur la table. Elle buvait un thé en baissant sa bouche vers la tasse à intervalles réguliers. Elle me regardait, très calme comme toujours, avec cet air de défis que j’avais trouvé si séduisant lors de « Ma rencontre » avec elle. Un tout petit reste de bon sens me criait : tu ne vas quand même pas lancer ce truc.
Elle m’a dit : Ah tu veux t’amuser, Et bien, Vas-y ! « Cher tueur » Essaie ! Je sais que tu n’auras pas les couilles. « Cloue-moi au ciel » là « Comme je suis ».
Mais sache que même « Morte » et « Froide » ce n’est plus toi dont « I wanna be the Doll » mais de « Corine ».
Je suffoquais. Mes yeux s’arrondissaient de terreur. Je me sentais « Dirty ». Sur mes joues coulaient des « Tears of a clown ». Je soufflais entre mes dents : un « Sorcière »… éteint par mon agressivité retenue.
Elle continuait, encore plus cassante. Oui, c’est Corinne que j’aime. Toi tu n’es qu’un « Alchifumiste ». Tu peux me traiter de « Plastic Hooker ». Mais je te rappelle que c’est toi qui m’as laissé « Seule à Paris ». Tu sortais tous les soirs alors que bossais jusqu’à l’épuisement, à sombrer dans les « Naufrages de l’ombre ». On a plus rien à se dire. De toute façon, on a jamais parlé tous les deux.
Elle n’eut le temps que d’ajouter « Tell me »… Alors que la tomette se plantait dans sa boîte crânienne et la clouait, raide de stupeur, sous la petite pendule murale acheter chez Ikea et installée la veille. Je hurlais « Are we talking enough »… Puis, je me suis tu. Incapable d’ajouter quoi que ce soit. Les mots cognaient dans ma tête sans pouvoir sortir…
« Un hémisphère dans ma chevelure », le gauche, a commencé à me lancer. Il gonflait sous l’afflue sanguin. Une douleur insupportable m’emportait l’œil, comme si on y coulissait un câble en acier.
Des embouteillages de reproches bourdonnaient entre mes deux oreilles. Elle va l’avoir son heure de gloire. Demain soir, « Your Fame » en ouverture du journal télvisé. Elle ne rêvait que de ça. Toutes ses pensées étaient « Dedicated to the press night time »…
Encore tremblant, je me suis approché pour retirer la tomette qui tenait là, plantée comme un gadget de farce et attrape dans un amas de cheveux et caoutchouc rouge sombre. La chair résistait très peu. C’était comme retirer une spatule d’une casserole de purée. Je lui glissais à l’oreille : « Dog love dog », « Spank on me » now. Essaye un peu.
Calmement j’ai retiré ma chemise. J’ai enveloppé l’arme du crime. Je l’ai posé sur le petit secrétaire de l’entrée le temps d’enfiler mon Imper. Il venait de chez « Drowning », à Londres. Elle me l’avait offert lors de notre premier week-end.
J’avais envie de dormir, « Mais pas chez moi ». Je suis sorti…
En remontant la rue du « Dragon » en direction de la Seine, je répétais sans cesse : « Va chercher la police »…