Mon harki

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Ci-dessous une histoire parmis d'autres histoires...

La petite école, à quelques centaines de mètres du village, a été fortifiée. Sur le toit, on a dressé des créneaux et aménagé une petie chambre. C'est la chambre du sergent Jean-Mary D.. De là la vue est belle, sur l'oued aride ou s'accrochent quelques oliviers et lauriers-roses. Plus loin les collines des Aurès, d'ou viennent parfois des bruits de tirs.

Là au cantonnement, il découvrent les harkis qui se battent aux côtés des Français, étranges compagnons qui vivent entre eux et ne parlent pas un mot français. Ils sont utiles, très utiles au cours des opérations de ratissage... la guerre n'en finit pas de finir, quand, un jour de la fin mars 1962, le commandant du bataillon annonce à ses hommes qu'ils vont être démobilisés. Pour le sergent s'était un soulagement, c'était évident : on partait tous ensemble, avec nos frères harkis.

Mais un officier convoque les sous-officiers et leur donne l'ordre de récuperer les culasses des harkis qui, sinon pourraient déserter. Bientôt arrivent une dizaine de camions, les gradés ont envoyé les harkis toucher leur solde. Pendant ce temps, on nous a fait monter dans les camions.

Quand les harkis ont compris qu'on les laisser, ils se sont mis à courir derrière les camions. Certains ont réussi à s'accrocher aux hayons. Nous, on a voulu les hisser pour les emmener avec nous. Lordre d'un gradé tombe : "Faites lâcher ! On a ordre de ne pas les emmener !"

C'était dégueulasse... extrait du sergent Jean-Mary D.

Le 12 mai 1962, Pierre MESSMER, Ministre des Amées, ordonnera que tout ancien supplétif arrivé en métropole sans autorisation soit refoulé vers l'Algérie.
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