Un conte de Noël, d'Arnaud Desplechin

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Festival 3 Couleurs : du 25 au 31 mars, les meilleurs films que vous avez manqués pour seulement 3€, dans les cinémas MK2 Beaubourg, MK2 Parnasse et MK2 Quai de Seine. La critique de TROIS COULEURS; En compétition à Cannes, Un Conte de Noël – sous-titré Roubaix ! – pourrait bien être le film-somme d’Arnaud Desplechin. Liens et maladie du sang irriguent un récit organique, où le jeu tient le devant de la scène. Brillant. "Si vous gagnez, vous gagnez tout ; si vous perdez, vous ne perdez rien », écrivait Pascal dans Les Pensées. C’est sur la base de ce célèbre pari que s’articule Un Conte de Noël, un film de famille doublé d’un thriller scientifique. Les spéculations se cristallisent autour de Junon, interprétée par Catherine Deneuve, mère intransigeante au nom de déesse. Atteinte d’une maladie du sang très rare, mais encore au stade larvaire, sa survie dépend d’une greffe de moelle. Le donneur doit être un parent ou descendant direct. Enfants et petits-enfants font les tests de compatibilité. Après des années de division, tous se retrouvent pour les fêtes dans la grande demeure familiale de Roubaix. Henri (Mathieu Amalric) a été banni de la famille quelques années auparavant par sa soeur Elizabeth (Anne Consigny), excédée par ses frasques. Yvan (Melvil Poupaud), le benjamin, mène une vie rangée aux côtés de son épouse Sylvia (Chiara Mastroianni) et de ses deux enfants. Le soir de Noël, tous se transforment et se révèlent. À commencer par la ville de Roubaix, sublimée par la caméra du cinéaste. Au cours d’un réveillon aux allures de farce burlesque, les conflits se dénouent. C’est la force de Desplechin que de faire cohabiter dans une même scène les contraires : le drame et le rire, la vie et la mort, l’amour et la haine. Fluide et inspiré, Un Conte de Noël est une chambre d’échos qui résonne de tous les films de son auteur, en même temps qu’un théâtre de chambre où s’exacerbent les passions et les tourments. Mais en premier lieu, Un Conte de Noël est un pari généreux sur la vie, un miracle de cinéma, un potlatch bienheureux. Sandrine Marques.

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