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Date de sortie : 16 Février 1972 -Durée : 1h 42min-Titre original : Dirty Harry.Si la police de San Francisco ne remet pas immédiatement 200 000 dollars à un homme qui vient de commettre un crime, il recommencera au rythme d'un assassinat par jour. L'inspecteur Harry Callahan est sur ses talons.
Harry Callahan est un inspecteur de police de San Francisco, connu pour ses méthodes brutales, dangereuses, parfois proches de l'illégalité, mais en général efficaces. Il se retrouve aux prises avec un tueur en série, Scorpion.
Alors qu'une jeune femme se baigne dans une piscine située sur un toit de San Francisco, un homme l'assassine à l'aide d'un fusil puissant. En charge de l'enquête, l'inspecteur Harry Callahan trouve la douille usagée sur un toit situé non loin du lieu du crime.
Un serial killer se faisant appeler « Scorpion »[1] commence alors à faire chanter la ville de San Francisco, annonçant son intention de tuer une personne par jour ("un prêtre catholique ou un nègre") jusqu'à ce qu'on lui paie une rançon.
L'inspecteur Harry Callahan[2] est assigné sur l'affaire et se voit imposer la jeune recrue Chico Gonzalez[3] comme partenaire. Cela irrite Callahan qui considère qu'un élément d'expérience tel que Frank DeGeorgio[4] est la seule personne dont il pourrait avoir besoin sachant que ses partenaires finissent toujours blessés ou pire.
Callahan est un flic atypique. Son surnom de Harry le Charognard[5] est d'ailleurs une référence à sa réputation de s'occuper des affaires les plus « pourries » et de les résoudre même si cela implique la violation des droits des criminels.
Suite aux menaces de Scorpion, toute la police de San Francisco est en alerte. Un hélicoptère de la police parvient à déjouer sa seconde tentative de meurtre sur la personne d'un homosexuel noir mais il s'échappe et, le lendemain, réussit à tuer un jeune garçon noir en tirant d'un autre toit. La police croit probable que Scorpion choisira une position élevée similaire pour son prochain meurtre, près de l'église de St Pierre et Paul, là où Scorpion lui-même a menacé de tuer un prêtre. Callahan et Chico, postés sur un toit en face de l'église, l'attendent et réussissent à l'empêcher d'accomplir son attentat. Malheureusement, Scorpion tue un policier dans sa fuite.
Furieux que son plan macabre ait été mis à mal, Scorpion kidnappe une adolescente, la viole et l'enterre vivante dans un trou avec une réserve d'air limité. Il contacte alors la ville et demande une rançon deux fois plus forte que la précédente. Il affirme qu'elle doit vite lui être versée car sa prisonnière dispose seulement d'assez d'air jusqu'au lendemain matin à 3 h 00. Le maire[6] décide de payer et demande à Callahan d'assurer la livraison de la somme dans un lieu sur les quais. Quand Harry rejoint le point de rendez-vous, Scorpion le contacte à l'aide d'un téléphone public et, via un jeu de piste ayant pour but de semer les éventuels renforts de l'inspecteur, envoie Callahan à de nombreux points différents à travers la ville. Cependant, il ne réalise pas que Callahan porte un micro, permettant à Chico de savoir où se rend son partenaire.
Lorsque l'inspecteur Callahan arrive enfin en face de Scorpion, ce dernier lui ordonne de laisser tomber son arme et l'argent et commence alors à le battre. Il lui révèle qu'il n'a pas l'intention de libérer la jeune femme, pas plus qu'il ne laissera Callahan repartir vivant. Chico, grâce au micro caché, arrive sur les lieux et engage une fusillade avec Scorpion. Callahan en profite alors pour lui planter un couteau dans la jambe. Criant de douleur, le tueur psychopathe s'enfuit en laissant l'argent. Blessé dans la fusillade, Chico est alors incapable de continuer en tant que partenaire de Callahan, confirmant ainsi les premières réticences de celui-ci.
Blessé, Scorpion se rend dans une clinique d'urgence et y est traité pour sa blessure à la jambe. Plus tard, le docteur qui l'a soigné est interrogé par Callahan et son nouveau partenaire, Frank De Georgio. Le docteur leur explique que Scorpion travaille et vit au Kezar Stadium, situé en face de la clinique. L'inspecteur s'introduit alors à l'intérieur sans mandat à la recherche de Scorpion. Entendant fuir Scorpion, Callahan le pourchasse jusque sur le terrain du stade. Au même moment, De Georgio allume les lumières du stade donnant ainsi à son partenaire une vue parfaite sur le serial killer pour lui tirer dans la jambe. Une fois au sol, Scorpion refuse de révéler le lieu où est enterrée la fille, affirmant qu'il en a légalement le droit. Pour toute réponse, Callahan le torture en appuyant sur sa jambe blessée jusqu'à ce qu'il finisse par avouer où il garde la fille prisonnière. Malheureusement, au moment où la police la trouve, elle est déjà morte. Pire, Scorpion est même libéré à cause de la violation de ses droits par Callahan et par l'impossibilité de retenir comme preuve le fusil découvert chez Scorpion qui avait pourtant bel et bien servi aux meurtres (en raison de l'absence de mandat).
Après sa libération, Callahan suit Scorpion pendant son temps libre afin de l'empêcher de tuer à nouveau. Scorpion paie alors un homme pour le frapper au visage et déclare ensuite aux médias que la police le persécute, en particulier l'agent Callahan responsable de ses blessures au visage. Le chef de la police et le maire ordonne alors à Callahan de renoncer à suivre Scorpion, malgré les protestations de Callahan, affirmant qu'il n'est pas coupable de ce passage à tabac.
Callahan ayant temporairement abandonné sa filature, Scorpion peut alors détourner un bus scolaire transportant des enfants. Il exige à nouveau une rançon et un jet privé pour sortir du pays. Devant le risque, le maire insiste pour payer mais Callahan pourchasse Scorpion sans autorisation et parvient finalement à sauver les enfants. Il suit le tueur psychopathe jusqu'à une usine de ciment voisine où une fusillade s'ensuit. Scorpion fuit alors l'usine et capture un garçon qui se trouve en train de pêcher dans une proche rivière. Callahan tire sur Scorpion dans le bras, l'obligeant ainsi à relâcher son otage et à faire tomber son arme. Feignant de lui laisser une dernière chance de se défendre (alors que l'arme de Scorpion est à ses pieds et que Callahan évoque ne plus savoir s'il a tiré 5 ou 6 coups et s'il dispose encore de munitions), Scorpion se saisit de son arme permettant à Callahan de riposter et de l'abattre.
Callahan retire alors son insigne d'inspecteur de son porte-carte et le lance dans l'eau.
* Titre : L'Inspecteur Harry
* Titre original : Dirty Harry
* Titre original du script : Dead Right
* Réalisation : Don Siegel
* Scénario : Harry Julian Fink, Rita M. Fink, Dean Riesner
* Photo : Bruce Surtees
* Décors : Dale Hennesy
* Musique : Lalo Schifrin
* Montage : Carl Pingitore
* Film américain
* Format : Technicolor (couleur, son mono)
* Genre : policier
* Durée : 102 minutes dans sa version intégrale
* Date de sortie : 23 décembre 1971 (USA); 16 février 1972 (France)
* Film interdit aux moins de 12 ans lors de sa sortie en salle
* La version originale du script écrit par Julian et Rita Fink était intitulée Dead Right. Le premier projet devait avoir Frank Sinatra comme vedette, associé à Irvin Kershner derrière la caméra. Le film devait d'ailleurs se dérouler à New York au lieu de San Francisco.
* John Wayne, Steve McQueen et Paul Newman déclinèrent également le rôle de Harry Callahan. C'est Paul Newman qui a recommandé de faire appel à Clint Eastwood.
* Le mémorial de la première scène du film est localisé au Hall of Justice de San Francisco.
* La scène finale, dans laquelle Callahan lance son insigne de policier dans la rivière, est une référence à la scène du film Le train sifflera trois fois, de 1952, lorsque Gary Cooper jette à terre son insigne de shériff.
* Eastwood lui-même a réalisé la scène du suicidaire
* Dans la scène de la fusillade avec les cambrioleurs, on aperçoit dans la rue un cinéma qui passe Un frisson dans la nuit (Play Misty for Me) à l'affiche. Il s'agit du premier film réalisé par Clint Eastwood.
* A noter la présence sur quatre des cinq opus d'Albert Popwell (le braqueur noir désarmé au sol à qui Callahan propose de "tenter sa chance" en ramassant son arme)
* Le film de Don Siegel et l'interprétation donnée par Eastwood ont donné lieu à certaines polémiques, remettant notamment en cause la vision de l'Amérique décrite dans de nombreuses scènes du film. Le personnage de Callahan est clairement dans certaines scènes du film, le reflet du "justicier héros" bravant l'interdit et faisant passer son idéologie avant même la justice.
* Ainsi, dans la scène de la fusillade du début du film, les voleurs de banque sont incarnés par des acteurs afro-américains, ce qui a été souvent reproché à Siegel. Notons tout de même l'hypocrisie du cinéma hollywoodien de cette époque: en effet le réalisateur s'empresse de faire soigner Callahan par un afro-américain après la fusillade...
* Dans une Amérique encore en pleine lutte pour les droits civiques, notamment ceux de la population noire, la position de ce film reste très controversée.
* C'est, avant tout, toute forme de dérive de la société traditionnelle américaine qui est dénoncée à travers "L'inspecteur Harry". L'exemple le plus marquant reste la dernière scène du film où le spectateur remarque sans peine la boucle "Peace and Love" attachée au ceinturon du psychopathe alors qu'il flotte mort dans le lac, la production dénonçant très clairement les dérives libertaires et anticonformistes de l'époque dont faisait partie le mouvement Hippie.
Un monologue récurrent a lieu après les fusillades, lorsqu'Harry se retrouve au-dessus d'un criminel tombé au sol dont l'arme est toute proche de sa main. Tout en le braquant avec son Magnum 44, il lui dit:
« Hin hin ! Je sais ce que tu penses : "C'est six fois qu'il a tiré ou c'est cinq seulement ?". Si tu veux savoir, dans tout ce bordel j'ai pas très bien compté non plus. Mais c'est un 44 Magnum, le plus puissant soufflant qu'il y ait au monde, un calibre à vous arracher toute la cervelle. Tu dois te poser qu'une question : "Est-ce que je tente ma chance ?" Vas-y, tu la tentes ou pas ? ».
« Ah Ah, I know what you're thinking. 'Did he fire six shots or only five?' Well, to tell you the truth, in all this excitement I've kinda lost track myself. But being this is a .44 Magnum, the most powerful handgun in the world, and would blow your head clean off, you've got to ask yourself one question: 'Do I feel lucky?' Well, do ya, punk? »
Lors de la fusillade avec Scorpion, Callahan tient sensiblement le même discours, les mots et le ton étant plus secs.
* 1973 : Magnum Force de Ted Post
* 1976 : L'Inspecteur ne renonce jamais (The Enforcer) de James Fargo
* 1983 : Le Retour de l'inspecteur Harry (Sudden Impact) de Clint Eastwood
* 1988 : L'Inspecteur Harry est la dernière cible (The Dead Pool) de Buddy Van Horn