Critique du positionnement de Nicolas Sarkozy
I) Nicolas Sarkozy veut entretenir la confusion
Dans le discours du 14 janvier qu’il a prononcé pour son sacre de candidat unique
de l’UMP, Nicolas Sarkozy a voulu se poser en rassembleur en citant trente
trois personnages de l’histoire de France, en accaparant même Jean Jaurès et
Léon Blum, qui ne peuvent plus rien dire. Derrière la pensée (et la tactique) il
y a pourtant bien une cohérence droitière. Sans chercher plus loin que son
texte, plusieurs caractères ressortent.
II) Derrières les mots, la réalité
• Un discours incantatoire et mielleux, qui n’offre en fait aucune vision d’avenir
pour la France autre qu’un moralisme conservateur.
Nicolas Sarkozy ne dit rien sur les moyens à employer pour faire baisser le chômage,
relancer la croissance, réduire l’endettement.
Son discours ne propose aucune vision précise sur la place de la France en
Europe et dans le monde.
• Nicolas Sarkozy refuse de parler bilan
Nicolas Sarkozy, numéro deux du gouvernement depuis 5 ans, est pourtant le
candidat de la continuité
Mais, il n’y a pas une seule ligne dans le discours sur son bilan de ministre de
l’Intérieur ou celui du gouvernement auquel il appartient, alors que, depuis
2002, les deux gouvernements de Jacques Chirac battent pourtant les records
de l’endettement public, du déficit commercial, des violences aux personnes,
de la précarité du travail, etc.¶
• Un vrai discours de droite, libérale et autoritaire
Nicolas Sarkozy réaffirme dans ce discours les valeurs d’une droite décomplexée
: l’ordre, la grandeur, l’autorité, le respect, le mérite, la responsabilité, le
travail, la volonté, n’hésitant pas à changer le sens de certains mots qui appartiennent
à la gauche,
Il rêve d’une société de compétition (mise en cause du droit du travail, bouclier
fiscal accru (pour vider de tout contenu l’ISF sans le dire !), nouvelle
baisse des charges pour les entreprises) qui sonnerait le glas des droits collectifs
et de la cohésion sociale. Contrairement à ce qu’il affirme, il dessine les
traits d’une société de rentiers, où l’argent va à l’argent.
Et, il n’y a pas une seule attaque contre Jean-Marie Le Pen, car Nicolas Sarkozy
ne mène pas de combat contre les idées du Front National (Jean-Marie Le Pen
n’a-t-il pas dit que ce discours, il aurait pu le prononcer lui-même ?)
• Malgré les apparences, un discours conflictuel
Une mise en scène de l’union que dément la réalité : Nicolas Sarkozy n’est pas
l’homme du rassemblement, mais celui du rapport de force et de la division.
Ni le premier Ministre, ni le président de la République, ni le président de
l’Assemblée Nationale ne le soutiennent. Son seul opposant en interne
(Dupont-Aignan) est prié de quitter l’UMP.
Nicolas Sarkozy oppose les Français entre eux : La République réelle c’est celle
qui fait plus pour celui qui veut s’en sortir et qui fait moins pour celui qui ne
veut rien faire et dont la société ne peut accepter qu’il vive à son crochet ?
• Un boulimique du pouvoir
La démocratie irréprochable c’est un président qui s’explique devant le Parlement.
C’est un président qui gouverne. C’est un président qui assume. On n’élit pas un
arbitre mais un leader.
Nicolas Sarkozy se prononce pour une forte concentration des pouvoirs. Il ne
dit rien sur le rôle du Parlement, sur la nécessité de contre pouvoirs, sur la
décentralisation de l’autorité, sur la démocratie participative, tout simplement
sur le rôle des citoyens.
Décidemment le possible de Nicolas Sarkozy
ne doit pas être l’avenir de la France !
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