VoLPe - 3 - Sommeil de glace

 

Je suis à sec, panne de sens dans mes idées, le cerveau vidé, les images ne cessent de défiler, mais pas moyen d’en tirer quoi que ce soit, dans ce trou à rat et dans ma tête tout n’est qu’un brouhaha… alors je sors, histoire de m’oxygéner le cerveau, mais ce que je vois dehors ne fait que me dérégler le système nerveux, c’est chaud, il fait froid comme chez les eskimos, et tout le monde se cache sous dix couches de peaux de chameaux, c’est le bazar le bordel dans ce blizzard grisaille mortelle, tous ces lézards hibernent dans une misère sordide et personne ne les aide, bizarre, on voit des images crues à tous les coins de rues, et chaque jour les vautours te tombent dessus, cette odeur putride dans l’air c’est la mort de l’amour la mort de l’espoir et la mort du bonheur, les gens dehors m’ont l’air de zombies, consumés par le remord, la haine et l’envie, la vie s’évapore de l’esprit, c’est certain, certains regards me semblent si vides, que je reconnais même plus mon voisin, cette vision devant mes yeux est apocalyptique, l’atmosphère est sombre la situation critique, c’est la fin enfin elle paraît proche, trop de défunts de faim, je suis pas devin mais j’entends retentir les cloches du destin, ça m’attaque jusqu’aux intestins, le destin m’est distant mon instinct est absent, évolution ?…que dalle… tout est toujours pareil… il faut ôter ce voile qui tient les hommes dans ce profond sommeil… J’approche ma bouche de ton oreille, hey hey, faut que tu te réveilles… c’est l’heure de ton éveil spirituel… Hey, faut que tu te reveilles hey hey hey, le moment est arrivé d’ouvrir les yeux y’all… Les âmes des hommes en hibernation, le monde n’est qu’illusion, et nous sommes loin de l’illumination, un profond sommeil ou tous les rêves sont effacés, dressés à s’en débarrasser pour s’engraisser, oublie tes rêves de devenir astronaute, gamin, le plus loin que t’ira de chez toi c’est le village voisin… enfin… pourtant, y’a des valeurs de la vie bien définies, ici je ne vois que de la violence, envie d’argent et de pussy… Paris, New York, Tokyo ou Montréal, toutes ces villes de rêve sont marquées par le sceau du capital… (faut que le capitole capitule yo), mais il faut plus que des cordes vocales pour que le pouvoir bascule yo… je suis tremblant dans un océan de glace, un acteur ignorant dans ce théâtre ou ma vie prend place, le temps est venu d’ouvrir les yeux dans cette matrice, mais ce à quoi assiste mon iris m’attriste, je ne suis plus qu’un triste artiste, dans un monde qui n’est pas le sien, un renard des neiges qui essaie de survivre jusqu'à demain… mais trop d’idées confuses… je suis loin d’avoir la science infuse… alors je survis grâce à la ruse… Dans la confusion, on s’y perds trop, il a beau faire beau, ça n’empêche qu’il pleut dans nos cerveaux, et je ne rêve plus, je ne pense plus, à mon insu mon âme me colle à la peau comme une sangsue, et je le sens, si… Il y a une saveur amère dans l’air, je sens mon corps sous torture je respire les cauchemars de l’univers… j’ai perdu tout contrôle, il pleut des larmes sur mon âme l’univers pleure sur mon épaule… une étoile meurt et je pleure, c’est le cœur de mon cosmos en douleur, alors je glisse dans le far niente, dans une réalité que j’essaie de feinter, un clandestin sans destin qui cherche une voie d’issue d’ici, j’essaie de méditer mais à chaque fois je finis déçu, le décès est imminent, faut se ramasser à la petite cuillère… à quoi bon vivre demain ? nous n’avons pas vécu hier…Ce que je sais c’est que je ne sais rien, dans cet océan d’illusions nous sommes dans le bain… alors je sors la tête de l’eau pour le temps qu’il me reste, je n’ai qu’un pauvre esprit, alors veuillez excusez mes pauvres textes…

VoLPe

 
 
 

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Date de création : le 01 avril 2007

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