Cours de sculpture - 1
L'argile (nom féminin) est une roche sédimentaire, composée pour une large part de minéraux spécifiques, silicates en général d'aluminium plus ou moins hydratés, qui présentent une structure feuilletée (phyllosilicates) qui explique leur plasticité, ou bien une structure fibreuse (sépiolite et palygorskite) qui explique leurs qualités d'absorption. On les classe en trois grandes familles selon l'épaisseur des feuillets (0,7 ou 1 ou 1,4 nm), qui correspondent à un nombre de couches d'oxydes tétraédriques (Si) et octaèdriques (Al, Ni, Mg, Fe2+, Fe3+, Mn, Na, K, ...). La kaolinite est un minéral composé de silicate d'aluminium hydraté, deformule Al2Si2O5(OH)4 de la famille des phyllosilicates. Ce nom provient duchinois (sinogrammes : 高岭土, pinyin : gāo líng tǔ), signifiant terre des hautes collines. La kaolinite est largement utilisée en céramique notamment pour la fabrication deporcelaines dont elle est le constituant essentiel. La kaolinite calcinée est utilisée dans la lutte biologique contre le puceron cendré du pommier. La terre-papier résulte d’un mélange d’argile, de fibres de cellulose et d’eau. La composante principale de la terre-papier est l’argile qui peut être une faïence, un grès ou une porcelaine. Les fibres de cellulose proviennent des végétaux défibrés d’une pâte à papier. Cette dernière est produite en amont de la chaîne de production du papier ou se restitue par trempage et brassage du papier dans l’eau. Le mélange d’argile et de fibres se fait en présence de beaucoup d’eau pour assurer la bonne répartition des fibres. La teneur en fibres de la terre-papier est en moyenne de 3% de papier, calculée en poids de matières sèches. La présence de fibres ne modifie pas l’aspect d’un pain d’argile. L’introduction de fibres de cellulose réduit la densité de l’argile, mais également son coût par l’utilisation de vieux papiers. La terre-papier est un matériau de création pour les arts plastiques, la décoration et lacéramique. Les fibres apportent de la cohésion, d’une part à l’argile humide lors de la mise en forme (tressage, drapés…), d’autre part à l’argile sèche qui perd sa friabilité. La terre-papier se conserve ainsi sans cuisson. La mise en forme est facilitée par la possibilité d’assemblage d’éléments secs. Les échanges d’eau sont rapides que ce soit pour un raffermissement de la matière sous l’effet de la chaleur ou pour un ramollissement par simple contact. La résistance à la contraction du séchage limite la formation de fissures et permet un travail sur armature ou support. La terre-papier, tout comme le torchis (mélange d’argile, de sable, de fragments de végétaux et d’eau) sert à l’élaboration de cloisons dans le bâtiment. Elle devient matériau de recouvrement sur toute surface poreuse et peut recevoir des pigments, des peintures et des patines. Le céramiste procède à la cuisson de la terre-papier à une température analogue de celle de l’argile de base utilisée. Les fibres se consument à la cuisson et laissent une structure microporeuse qui résiste aux chocs thermiques permettant les cuissons rapides, primitives ou raku. La mono-cuisson est une autre alternative pour la terre-papier qui peut être émaillée sans cuisson de biscuit préalable. Toutes les techniques de décoration céramique sont applicables à la terre-papier.
