Dabaaz

Dabaaz

par dabaaz

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Membre du groupe Triptik, Dabaaz est passé par tous les stades : mixtapes, radios, concerts, tournées, premières parties et tête d’affiche, enregistrement dans des caves et dans des palais. Il était normal qu’on le retrouve en solo au seuil de la trentaine. Lui face à lui-même, habité d’un esprit libre, d’un flow tout-terrain et d’un large sourire. Dabaaz n’est plus un jeune branleur qui boit et rappe. Mais il n’est pas non plus un père de famille rompu à la vie de couple. Il se fait contrôler par la police à cause de sa dégaine et se torche volontiers la gueule. Il a juste 30 ans, en vérité, rêve de famille et de virée avec ses potes. A travers ces 13 titres oscillant entre hit dancefloor et hip-hop futuriste, égotrip bien placé et introspection discrète, c’est cette personnalité libre qu’il laisse percer. Entre deux mondes, entre deux âges, loin de s’inventer une vie, il se présente tel qu’il est. Chroniqueur d’un quotidien tiraillé entre les virées nocturnes et les obligations de la vie, il pose sur son parcours un regard lucide et plein d’humour à travers les rimes de « 76 » (comprendre 1976, année de sa naissance). L’excellent « Comme d’hab » chronique un quotidien, âpre parfois mais toujours surprenant, entre rêves, délires et doutes. Loin de se plaindre ou de céder à la contestation facile, Dabaaz préfère faire avec et faire la fête en même temps. Alors il quitte son bureau de graphiste, direction la rue, la studio ou le club, mauvaises manières à l’appui. En plein effet sur le beat, armé d’une vantardise accrocheuse, il secoue les dancefloors de rimes salaces (« Dans la boîte ») ou détendues (« Open Bar »). Dabaaz jubile, fait le show, emballe ta sœur, goûte la nuit et ses délices, brûle la vie mais garde les pieds sur terre. De jeux de mots en hyperboles saisissantes, il termine sa soirée dans les artères de cette ville forcément plus belle la nuit (« Paris »). Paris, rive glauque. Tout n’est pas beau, tout n’est pas lisse mais peu importe, c’est juste la vie. Une vie que sa verve change en spectacle, entre réalité brute et fantasmes arrosés de champagne. Une ambivalence qui colle à sa personne.



« le toubab dont on parle tout-par » est loin d’être à la traîne en termes musicaux. Epaulé à la production par Drixxxé, metteur en son de Triptik, par Nikkfurie (La Caution), par Don, DJ A-Trak et Para’One (TTC), Dabaaz est du genre audacieux. Tourné vers les dancefloor, son funk futuriste déglingue quiconque s’en approche. Samples larges sur rythmiques épileptiques, pas question de rester assis en entendant la bombe « Explose » ou les synthé futuristes de « Paris ». A l’envers du conformisme ambiant s’entrechoquent ici funk moderniste et minimalisme neptunien, beats de Paris et d’Atlanta, humour de fêtard et dictions maîtrisées.



Le rap a grandi. Entre les rimeurs sympathiques et le rap racailleux, il y a désormais Dabaaz, un b-boy qui les a tous croisé et les invite tous, de son collègue Salif (Nysay, Iv My People…) à Gérard Baste (Svinkels), qui largue pour lui un intermède désopilant. Inclassable, il s’invite partout, fraude la sécurité et délivre cette potion rapologique qui transcende les clivages. Underground ? mainstream ? Même pas. Ghetto ? Dancefloor ? Peu importe. Dabaaz est au dessus de tout ça, brûle les étiquettes, « domine même quand (il) reste assis ».

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