"Salade de Fruits" par Bourvil. Paroles Noël Roux et Musique Armand Canfora et Noël Roux (1959)
"Le plongeon - A Dip in the Pool" (1958) Partie 1. Alfred Hitchcock présente (Alfred Hitchcock Presents) est une série télévisée américaine en 268 épisodes de 26 minutes, en noir et blanc, créée par Alfred Hitchcock. En France, la série a été diffuséee à partir du 12 juillet 1959 sur la première chaîne de l'ORTF. Grâce à un héritage, un homme part en croisière avec sa femme. Avec : Keenan Wynn, Louise Platt, Philip Bourneuf, Fay Wray...
Dalida chantait en live "La chanson d'Orphée"(Manha do carnaval-Orfeu negro )en 1959.
"Ne me quitte pas" par Jacques Brel. Paroles et Musique Jacques Brel (1959) Emission "Le Palmarès de la Chanson" en 1966 Studio 102 Maison de Radio-France.
Un extrait du film français de 1959 d'Henri Verneuil "La vache et le prisonnier"d'après le roman de Jacques Antoine:Une histoire vraie,avec Fernandel,René Havard,Inge Schoner..... Déposé par Riobravo sur dailymotion. Ce fut le premier long métrage colorisé en 1990.
Un poème de Charles Péguy "Présentation de Paris à Notre Dame " récité par Pierre Vaneck dans Discorama en 1959.
En 1959, lors d'un gala au théâtre des Champs-Elysées, les deux comédiens annonçaient un parti peu conventionnel : "Le parti d'en rire".
+ de vidéos sur www.off.tv Allez, tous sur la Route 66, dans une Buick, les cheveux au vent, direction Phoenix via le Nouveau Mexique. L'année ? Entre 1950 et 1959. L'époque ? Insouciante. Le son ? Celui d'Imelda May, flamboyante Irlandaise, star dans son pays, qui débarque à Paris avec un album rockabilly d'enfer. Nous avons tourné quatre petites pépites dont une reprise qui...mais non, chut, surprise. Voici le deuxième extrait : "Falling In Love With You Again". Session acoustique tournée au cœur de Paris, au printemps, chanson extraite d'un set de cinq titres à découvrir en intégralité sur OFF...dont une surprenante reprise.
Domenico Modugno interprétait en live "Piove"(Ciao Ciao Bambina) à l'Eurovision en 1959.
Pour la première fois depuis 1959, les Cubains vont pouvoir acheter et vendre des voitures sans demander d'autorisation. Cette décision du Président Raul Castro devrait mettre fin au gigantesque marché parallèle.
Jacques Brel reprenait en live sa magnifique chanson de 1959 "Ne me quitte pas" ,en 1966 à l'Olympia.
Un texte de Serge Gainsbourg "L'alcool" qu'il interprètait en 1959 dans l'émission chez vous ce soir.
Un dessin animé de John Halas et Joy Batchelor "The Christmas visitor"de 1959. Basé sur un poème de Clement Clarke Moore,animé par Harold Whitaker et Tony Guy. La veille de Noël,le père Noël dépose les jouets qui prennent vie...........
Véritable voiture phénomène : le Chevrolet El Camino est à mi chemin entre la berline et le pickup. Produit par la General Motors dés 1959, ce véhicule typiquemnt Américain ne laissera personne indifférent. Le modèle que nous vous proposons est de 1977, il vient de Californie, ce qui explique l'absence totale de traces de corrosion. Sa très belle teinte Champagne et soulignée par des belle jantes chromées en 18 pouces, la sonorité du V8 est magnifiée par une double ligne d'échappement. V8 350 ci - 5,7 L - Boîte automatique - Direction assistée - Climatisation - Carburateur quatre corps chromé Edelbrock - Cache culbuteurs chromés - Jantes alu chromées 18 pouces - Ligne d'échappement double - Origine Californie. Ce véhicule est entièrement révisé, il peut partir absolument pour toutes distances, il est vendu avec l'homologation française. A découvrir sur http://www.madness-us-cars.com/
Bad Boy est une chanson créée par Larry Williams en 1959. Les Beatles, qui dans leurs premières années étaient très influencés par le rock américain, ont repris trois de ses compositions : Dizzy Miss Lizzy (sur l'album Help !), Slow Down (face B du single Long Tall Sally) et Bad Boy. La chanson a été enregistrée par les Beatles en même temps que les chansons de l'album Help! en Juin 1965 mais n'a pas été incluse sur l'album. Elle a été publiée aux USA en 1965 mais en Europe il faudra attendre un album de compilation en 1966 pour la découvrir. De mon côté j'avais réussi à dénicher un 45 tours gravé en Allemagne (en stéréo) avec la chanson, accompagnée de trois morceaux de l'album Help ! : Dizzy Miss Lizzy, You like me too much et Tell me what you see, dès octobre 1965 ! Le EP s'intitulait Beatles forever ... bien vu ! La version française que j'en ai faîte est une translation du thème de l'original (les blousons noirs des années 50) vers le nouveau modèle dont nous disposons aujourd'hui ...
Retour à Paris est l'adaptation de Back in the U.S.S.R chanson d'ouverture du double album blanc publié en novembre 1968 dont les morceaux ont été composés principalement durant le séjour des Beatles en Inde. C'est un rock au tempo bien marqué McCartney. La chanson signée Lennon-McCartney est une parodie gentille du morceau de Chuck Berry de 1959 Back in the U.S.A (face B du single du célèbre Menphis Tennessee) dans laquelle le rocker noir exprime son plaisir d'être de retour aux Etats-Unis. Espièglement, les Beatles ont transposé le thème en racontant le retour au pays d'un soviétique après un séjour en Occident. La compagnie aérienne BOAC est mise en cause pour la médiocrité du voyage et la qualité de vie en URSS est mise en relief ce qui en 1968 ne manquait pas de piment. Un petit clin d'oeil des Beatles à Ray Charles (Georgia on my mind) vante notamment la Georgie (à la fois état américain et, à l'époque, une des républiques de l'URSS). J'ai prolongé la parodie pour écrire la version française en mettant en scène un parisien de retour de Londres ce qui m'a permis de développer tous les bons vieux clichés qui différencient notre qualité de vie à la française de celle de nos voisins d'outre-channel et j'ai remplacé l'avion par le train. On notera que, en écrivant cette chanson, l'auteur ne manque pas de lettres ... plus de U S S R mais des X et des S ...
Une pub rétro pour les bas nylon(50's,60's) de marque Baumhuter avec la chanson de Teresa Brewer "Heavenly lover"de 1959.
BIOGRAPHIE de Léo FERRE Léo Ferré, né le 24 août 1916 à Monaco et mort le 14 juillet 1993 à Castellina in Chianti (Toscane), est un poète, musicien et chanteur franco-monégasque. Bénéficiant d'un souffle créateur continu et d'une période d'activité longue (46 ans, contre 24 ans pour Jacques Brel, 30 ans pour Brassens, 34 ans pour Gainsbourg), Ferré est à ce jour le plus prolifique auteur-compositeur-interprète d'expression française, ayant réalisé plus d'une quarantaine d'albums originaux. L'enfance Fils de Joseph Ferré, directeur du personnel du Casino de Monte-Carlo, et de Marie Scotto, couturière d'origine italienne, il a une sœur, Lucienne, de deux ans son aînée. Léo Ferré s'intéresse très tôt à la musique. À l’âge de sept ans, il intègre la Chorale de la Maîtrise de la Cathédrale de Monaco comme soprano. Il découvre la polyphonie au contact des œuvres de Palestrina et de Tomás Luis de Victoria. Son oncle, ancien violoniste et secrétaire au Casino, le fait assister aux spectacles et répétitions qui ont lieu à l'opéra de Monte-Carlo, alors haut-lieu de la vie musicale internationale. Léo Ferré y entend le chanteur basse Fédor Chaliapine, y découvre Beethoven, qui l'émeut profondément, que ce soit sous la baguette d'Arturo Toscanini (Coriolan), ou à la radio (Cinquième symphonie). Mais c'est la présence du compositeur Maurice Ravel aux répétitions de L'enfant et les sortilèges qui l'impressionne le plus durablement.1 À neuf ans il entre au collège Saint-Charles de Bordighera tenu par les Frères des Écoles chrétiennes, en Italie. Il y reste en pension pendant huit longues années. Il racontera cette enfance solitaire et encagée dans une fiction autobiographique (Benoît Misère, 1970). Il y approfondit sa connaissance du solfège et joue du piston dans l'harmonie. A quatorze ans, il compose le Kyrie d'une Messe à trois voix. En cachette, il lit les auteurs considérés comme subversifs par les Frères : Voltaire, Baudelaire, Verlaine, Rimbaud, Mallarmé, Céline. De retour à Monaco pour préparer son baccalauréat, il devient pigiste pour le journal Le Petit Niçois comme critique musical, ce qui lui permet d'approcher des chefs d'orchestre prestigieux comme Antal Dorati ou Mitropoulos. A cette époque il découvre avec enthousiasme Daphnis et Chloé et le Concerto pour la main gauche de Ravel, sous la direction de Paul Paray, ainsi que le Boléro et la Pavane pour une infante défunte, dirigés par le compositeur en personne. Il passe et obtient son baccalauréat de philosophie au lycée de Monaco. Son père refuse qu'il s'inscrive au Conservatoire de musique. Années de formation En 1935, il vient à Paris pour y faire des études de droit. Il peaufine alors son apprentissage du piano en complet autodidacte. Fort d’un diplôme de Sciences Politiques il revient à Monaco en 1939 avant d’être mobilisé l'année d'après. Il est affecté à l'infanterie et dirige un groupe de tirailleurs algériens. Sa vocation de compositeur s’affirme après sa démobilisation. En 1940, à l'occasion du mariage de sa sœur, il écrit un Ave Maria pour orgue et violoncelle2, et débute la mise en musique de chansons écrites par une amie. C’est avec ce répertoire qu’il se produit pour la première fois en public le 26 février 1941, au Théâtre des Beaux-arts de Monte-Carlo, sous le nom de Forlane. Ses premiers textes personnels datent sans doute de cette année-là. À la fin d'un concert à Montpellier où se produit Charles Trénet, il présente à la "star" trois de ses chansons, mais celle-ci lui conseille de ne pas les chanter lui-même et de se contenter d'écrire pour les autres. En 1943 René Baer lui confie des textes qui deviendront plus tard des succès : La Chanson du scaphandrier et La Chambre. La même année, Léo Ferré épouse Odette Shunck, qu'il a rencontrée en 1940 à Castres. Le couple s'installe dans une ferme à Beausoleil, sur les hauteurs de Monaco. En 1945, alors qu’il est toujours "fermier" et occasionnellement "homme à tout faire" à Radio Monte-Carlo, Léo Ferré rencontre Édith Piaf qui l’encourage à tenter sa chance à Paris. Les débuts à Paris A la fin de l'été 1946, Léo Ferré s'installe dans la capitale où il se lie d'amitié avec Jean-Roger Caussimon, à qui il demande s'il peut mettre en musique son poème A la Seine. Caussimon devient son parolier privilégié et ensemble ils feront plusieurs chansons particulièrement appréciées du public comme Monsieur William (1950), Le Temps du tango (1958) ou encore Comme à Ostende (1960). Ferré obtient un engagement de trois mois au cabaret Le Bœuf sur le toit. Il s'accompagne au piano. Les débuts sont psychologiquement et financièrement difficiles. Pendant huit ans il doit se contenter d’engagements aléatoires et épisodiques dans les caves à chansons de la capitale : Les Assassins, les Trois Mailletz, Le Trou, le Quod Libet, ou encore le Milord l'Arsouille, ces trois derniers étant successivement dirigés par son ami Francis Claude, avec lequel il co-écrit plusieurs chansons, dont La Vie d'artiste (1950), en écho à sa récente séparation d'avec Odette. Ferré finit par se faire une réputation, parvenant non sans peine à placer quelques titres chez les interprètes de l’époque : Renée Lebas3, Édith Piaf, Yvette Giraud, Henri Salvador, Les Frères Jacques. Mais c'est avec la chanteuse Catherine Sauvage qu'il va trouver sa plus fidèle, passionnée et convaincante ambassadrice. Dès 1947, il fréquente le milieu des anarchistes espagnols, exilés du franquisme. Cela nourrira sa rêverie romantique de l'Espagne, dont Le Bateau Espagnol et Le Flamenco de Paris sont déjà des manifestations. Pour l'anecdote, Ferré la "graine d'ananar" adhère au Parti communiste pendant cinq minutes4. Sa rencontre en 1950 avec Madeleine Rabereau donne une nouvelle impulsion à sa vie et sa carrière. Il en fait sa muse et elle influe sur certains choix artistiques. Il enregistre la même année treize chansons en s'accompagnant au piano, pour le compte du label Le Chant du Monde, avec qui il a signé un contrat de trois ans. Ces chansons sont diffusées en 78 tours. En 1951, Ferré écrit et compose De sacs et de cordes, un feuilleton radiophonique dont le récitant est Jean Gabin. Il en profite pour mêler aux chansons et aux récitatifs des passages orchestraux, qui lui donnent l'opportunité de diriger pour la première fois un orchestre symphonique et un choeur, ceux de la radiodiffusion française. Depuis la fin 1947 Ferré y produit et anime plusieurs cycles d'émissions consacrées à la musique classique. Dans Musique byzantine (1953-54), il élargit son propos à des questions esthétiques sur la tonalité, l'exotisme, la mélodie, l'opéra, l'ennui, l'originalité ou la "musique guimauve"5, et affirme avec une acuité polémique ses conceptions anti-modernes, épinglant tout à la fois l'assujettissement nouveau de la musique au mercantilisme industriel ("la musique de conserve"6) et la décadence intellectualiste en quoi consiste la recherche éperdue de procédés et de systèmes ("le terminus des dilettantes"7), incarnée à ses yeux par les avant-gardes, au premier rang desquelles l'école sérielle en plein essor. Un projet ultérieur d'émission ayant été refusé et le succès venant, Léo Ferré cesse de travailler à la radio. 8 En 1952, pour présenter le concours Verdi à la La Scala de Milan Léo Ferré écrit le livret et la musique d'un opéra qui transpose de manière grinçante et très noire ses récentes années de galère : La Vie d'artiste9. Il semble qu'il n'y ait pas tellement tenu, abandonnant très vite cet "exercice"10) pour d'autres projets. Il en tirera néanmoins très tardivement la chanson Vison l'éditeur (1990). Les années Odéon Début 1953, Paris canaille chantée par Catherine Sauvage devient un "tube" international11. Pour Ferré c'est la fin de la précarité, les interprètes qui l'évitaient viennent à lui. Il met à profit cette bouffée d’oxygène pour se consacrer à la composition d'un oratorio sur La Chanson du Mal-Aimé, vaste poème de Guillaume Apollinaire, dont le recueil Alcools exerce une influence majeure sur sa propre écriture poétique. L'oeuvre, pour quatre chanteurs lyriques, est créée sous la baguette du compositeur en 1954 à l'Opéra de Monte-Carlo12. Après plusieurs démarches infructueuses pour la faire vivre sur scène, Ferré en fera un album en 1957. De 1953 à 1958 Ferré est sous contrat avec Odéon, un label qui lui alloue plus de moyens. Il y enregistre son premier LP, contenant entre autres Monsieur William, Le Pont Mirabeau (poème d'Apollinaire), La Chambre et Paris canaille. Pour des raisons de contrat, il réenregistre la même année, toujours au piano mais dans de meilleures conditions techniques, les chansons déjà gravées en 1950 pour Le Chant du monde. Dès lors, sa renommée va croître au fil des disques et de succès comme Le Piano du pauvre, L'Homme13 (1954), Le Guinche ou encore Pauvre Rutebeuf, dont le "parolier" n'est autre que le poète du 13ème siècle Rutebeuf14 (1955). Cette montée progressive vers la reconnaissance se manifeste par un passage du cabaret au music-hall, avec un récital à l'Olympia en mars 1955, puis à Bobino en janvier 1958. Durant ces années Ferré se lie à des musiciens : l'accordéonniste Jean Cardon, le pianiste Paul Castanier et le guitariste Barthélémy Rosso, le pianiste et arrangeur Jean-Michel Defaye. En 1956, les surréalistes Benjamin Péret et André Breton saluent ses talents de poète. Breton entretient une amitié suivie avec lui, mais refuse cependant de rédiger la préface de son premier recueil de poésies Poète… vos papiers !, dont il n'apprécie pas la teneur. Les deux hommes se brouillent. La même année Ferré compose La Nuit, un ballet-oratorio que lui a commandé le chorégraphe Roland Petit. C'est une expérience malheureuse et Ferré va abandonner pour de longues années ses ambitions musicales au profit de l'écriture. Il débute la rédaction de Benoît Misère et des Lettres non postées. En 1957, Léo Ferré est le premier à consacrer la totalité d'un LP à un poète. Il s'agit de Charles Baudelaire dont on célèbre le centenaire des Fleurs du mal. Ferré désire mener une "croisade poétique" pour faire voler en éclat la distinction entre poésie et chanson, et pour contrecarrer par le haut ce qu'il juge être la médiocrité des paroliers de son époque.15 Il s'attèle ensuite à mettre en musique Louis Aragon en 1958 et Verlaine en 1959, puis Rimbaud vraisemblablement en 1963. Ce travail intensif l'amènera en toute logique à consacrer un récital entier aux poètes en 1966. En 1959, il noue contact avec le photographe Hubert Grooteclaes. Ce dernier devient son ami fidèle et réalisera pour lui plusieurs couvertures d'album dans les années 60 et 80. La même année, Ferré se porte acquéreur de l'île dont il rêve, entre Cancale et Saint-Malo. C'est le début d'un amour-passion pour la Bretagne, qui lui inspire entre autres le long poème Guesclin, intitulé ultérieurement La Mémoire et la mer, dans lequel il va puiser la matière de pas moins de sept chansons16. L'éditeur Pierre Seghers et Aragon en éditeront chacun des fragments, qui dans la collection Poètes d'aujourd'hui (1962), qui dans Les Lettres françaises (1963). Mais Ferré n'en donnera une version définitive, considérablement modifiée, qu'en 1980 Les années Barclay : avant 1968 En 1960, Léo Ferré rejoint le label florissant d'Eddie Barclay. L'artiste vitupère comme jamais auparavant son époque ; entrée dans la société de consommation, bellicisme (en pleine Guerre d'Algérie), tutelle de De Gaulle, bourgeoisie étouffante... Cette liberté de ton se voit régulièrement interdite d'antenne, mais finit par s'imposer puisque Ferré, porté par ses succès Paname, Jolie môme (1960) et dans une moindre mesure L'Affiche rouge (sur le texte d'Aragon, 1961), connaît enfin la consécration critique et publique lors de son spectacle triomphal à l'Alhambra en 1961, qui donne lieu à une captation. Dans la foulée l'album Aragon fait date, et va s'imposer au fil du temps comme une référence dans le monde de la chanson. Jusqu'en 1970 Léo Ferré confie à Jean-Michel Defaye les arrangements de ses partitions, ce qui lui permet de maintenir un rythme soutenu de création, réalisant pratiquement un album par an, parfois plus. Il est difficile de savoir ce qui dans ces arrangements est le fait de la sensibilité de Defaye, des désirs de Ferré, et des conventions de l'époque, l'ensemble étant d'une grande homogénéité formelle. Ferré se produit à guichets fermés dans les plus grandes salles parisiennes, pour des périodes de deux à six semaines, en privilégiant tout particulièrement Bobino. Il tourne peu en province, mais se rend pour la première fois au Canada en 1963. Il y retournera régulièrement jusqu'à la fin de sa vie. Il se montre peu à la télévision et se tient volontairement éloigné du "métier". De 1963 à 1968, Léo Ferré vit dans le Lot, où il a acheté une demeure du XVIème siècle plutôt vétuste, le Château de Pechrigal ("tertre royal" en quercynois), que Ferré rebaptise Perdrigal. En sus de sa production de chansons, il y écrit, sans chercher à faire publier quoi que ce soit, des proses poétiques et de longs poèmes aux recherches stylistiques affirmées. Il s'adonne en outre à sa passion de l'imprimerie, en s'y faisant installer du matériel professionnel. Ainsi, il apprend à typographier, à brocher et édite dans le commerce le journal de sa femme, un livre de deux-cent pages qui décrit leur quotidien difficile. Le couple – dont la relation se dégrade - vit entouré de très nombreux animaux, à commencer par la chimpanzée Pépée, achetée en 1961 à un dresseur. Léo Ferré a développé une relation privilégiée avec cet animal, mais n'a pas su s'en montrer le maître ; le singe est invivable, colérique, destructeur. Cela devient très contraignant et isolant. En 1967, Barclay censure la chanson À une chanteuse morte. Ferré lui intente un procès, qu'il perd. En mars 1968, Léo Ferré part assurer un gala et ne revient pas au domicile conjugal, malgré les menaces de sa femme. Pépée se blesse et ne se laisse approcher par personne. Au désespoir, Madeleine fait tuer le chimpanzée et plusieurs autres animaux par un voisin chasseur. Ferré en sera terriblement affecté. La chanson Pépée est le requiem de ce drame intime. Après l'avoir raillée (Épique époque en 1964, Le Palladium et Les Romantiques en 1966), et alors qu'il vilipende l'immobilisme et la soumission du peuple dans une France repue et bien-pensante (Ils ont voté, La Grève, 1967), c'est dans la jeunesse que Léo Ferré place ses derniers espoirs de changement (Salut, beatnik !, 1967). Le 10 mai, première nuit des barricades au Quartier latin de Paris, Léo Ferré chante à la Mutualité pour la Fédération anarchiste comme il le fait chaque année depuis 1948. Il interprète pour la première fois la chanson Les Anarchistes. Puis il repart dans le Sud rejoindre sa nouvelle compagne, sans prendre part aux événements de Mai. Il vit quelques temps en Lozère, puis en Ardèche. Les années Barclay : après 1968 A partir de l’été 68 Léo Ferré se plonge dans la mise en musique de poèmes extraits de son recueil Poète... vos papiers !. Ces nouvelles chansons, enregistrées sur les albums L'été 68 et surtout Amour Anarchie, seront perçues par la critique comme un profond renouvellement de son inspiration alors que ces textes ont été pour la plupart écrits au début des années 50. Le succès de C'est extra en 1969 élargit considérablement son audience, tout particulièrement auprès de la jeunesse. La réceptivité de ce nouvel auditoire, qui reconnaît dans le poète le "prophète" de sa propre révolte, amène Ferré à éclater dans certaines de ses chansons les structures traditionnelles au profit de longs monologues discursifs (voire théoriques) s'apparentant aux arts oratoires. Par un travail très précis sur la voix parlée (rythme, élocution) et une écriture rhétorique dérivée de la prose de Rimbaud, Ferré ritualise sa parole sur un mode incantatoire18 et dramatique, qui vise à emporter son auditoire (Le Chien, La Violence et l'ennui, Le Conditionnel de variétés, Préface, Il n'y a plus rien). Cette recherche ne sera pas toujours bien comprise et Ferré va dorénavant partager le public et la critique comme jamais. A cela s'ajoute son attrait pour le rock anglo-saxon, qu'il envisage comme un moyen de dépoussiérer les vieilles habitudes du paysage musical français. Ainsi en 1969, il enregistre à New York une version inédite du Chien avec des musiciens de jazz-rock (John McLaughlin et Billy Cobham, respectivement guitariste et batteur du Mahavishnu Orchestra, et Miroslav Vitous, bassiste de Weather Report). Initialement ce devait être avec Jimi Hendrix. Pour d'obscures raisons, Ferré n'utilise pas cette version et réenregistre le titre avec une jeune groupe français que sa maison de disque veut mettre en avant : Zoo. La collaboration durera le temps de deux albums (Amour Anarchie, La Solitude) et d'une tournée en 1971. Toujours en 1969, il rencontre Brel et Brassens lors d'un célèbre entretien pour RTL. Chacun est sur la défensive, les trois "star" n'ont pas grand-chose à se dire. Ferré s’établit en Italie, entre Florence et Sienne. En 1970 Ferré devient père pour la première fois. Sa maison de disque écarte Avec le temps du double-album Amour Anarchie. Sortie "à la sauvette" en 45 tours, cette chanson tragique inspirée de ses propres désillusions devient un classique instantané, le plus grand succès de Ferré, qui ne cesse d'être repris en France et à l'étranger (voir la Liste des interprètes de Léo Ferré). La même année voit la publication de Benoît Misère, son unique roman. L'indifférence du monde littéraire et le peu d'implication de l'éditeur retiendront Ferré de retenter l'expérience (malgré des projets ultérieurs). Il saute par contre sur l'occasion que lui offre Jean-Pierre Mocky de renouer avec ses rêves orchestraux en lui demandant de lui composer la musique de son film L'Albatros. Ferré écrit et orchestre quarante minutes de musique symphonique. La collaboration se passe mal ; Mocky n'utilise que cinq minutes. Ferré reprend ce matériau pour créer l'année d'après les chansons Ton style et Tu ne dis jamais rien, avec quoi il décide de se passer désormais d'un arrangeur. Voulant s'affirmer aux yeux de tous comme musicien, Ferré décide alors de ré-enregistrer La Chanson du mal-aimé dans de meilleures conditions techniques. Cette fois il chante et dit le texte seul, en lieu et place des chanteurs lyriques d'autrefois, ce qui l'amène à modifier légèrement son orchestration. Après avoir été idolâtré par de nombreux jeunes, Ferré subit en 1971 une contestation virulente d'une minorité du public se disant gauchiste, qui vient régulièrement perturber les concerts. Ces "désordres" reprendront de plus belle en 1973 et en 1974, au point de lui faire un temps envisager d'arrêter la scène. 1972 signe son retour à l'Olympia, où il ne s'est pas produit depuis 1955. Très actif durant ces années, il fait une tournée au Liban, en Algérie, effectue de nombreux galas au profit d'ouvriers grévistes, ou encore du jeune journal Libération, alors totalement indépendant financièrement et politiquement. Il tourne partout en France, en Suisse, en Belgique, et participe avec Brassens à un concert en faveur de l'abolition de la peine de mort, contre laquelle il a déjà écrit en 1964 la chanson Ni Dieu ni maître, considérée comme un de ses classiques, et contre laquelle il écrira encore La Mort des loups (1975). En 1973 il épouse sa compagne Marie-Christine Diaz. Cette même année sortent deux disques très noirs : Il n'y a plus rien, qui met en mots la désillusion de Mai 68, et Et... basta !, où Ferré fait un bilan de ses blessures et règle ses comptes dans un très long texte en prose qui n'est plus à proprement parler de la chanson. Sur le premier disque, Ferré est exclusivement symphonique. Sur le second, l'accompagnement se réduit au contraire à quelques instruments. Le départ de son pianiste Paul Castanier, fidèle accompagnateur depuis 1957, ainsi que la rupture en 1974 avec la maison Barclay suite à une accumulation de différends19, vont conduire Léo Ferré à se consacrer principalement à la composition et la direction d’orchestre. C'est en participant au Festival de Vence organisé par son ami le violoniste Ivry Gitlis, qu'il rencontre le pianiste classique Dag Achatz, avec lequel il enregistre le Concerto pour la main gauche de Ravel. Ensemble et avec quelques autres musiciens, ils donnent cinq semaines durant un spectacle hors-normes à l'Opéra comique, avec La Chanson du mal-aimé en piano-voix, Et... basta ! et de nouvelles chansons "en chantier", dont L'espoir, qui est emblématique du lyrisme "espagnol" de l'artiste. C'est un véritable succès public, malgré une incompréhension et un rejet critique quasiment unanimes. En 1975 Léo Ferré dirige sur scène l’Orchestre de l’Institut des Hautes Etudes Musicales de Montreux, puis l’Orchestre Symphonique de Liège et en novembre, l’Orchestre Pasdeloup au Palais des congrès de Paris, à l’occasion de la publication de l’album Ferré muet dirige…, enregistré avec Dag Achatz. Ferré tient la gageure de diriger l'orchestre et chanter en même temps. Il mélange Ravel et Beethoven à ses propres compositions, et inverse le placement de l'orchestre. 140 musiciens et choristes sont présents sur scène. C'est de nouveau une expérience de spectacle inédite, cassant les conventions et décloisonnant les univers. Ferré fait salle comble durant cinq semaines, mais la critique issue du monde musical classique marque un net rejet de ce spectacle hybride et met en cause ses qualités de chef d'orchestre. Ferré en est profondément blessé. Les années toscanes En 1976, Léo Ferré signe chez RCA. A partir de cette date la majeure partie de ses enregistrements studio sera réalisée avec l’Orchestre Symphonique de Milan placé sous sa direction. Sur scène il dirigera également l’Orchestre Symphonique de l’Essonne (1978), l’Orchestre Symphonique de Lorient (1984), l'Orchestre de la Cité de Barcelone (1985), l’Orchestre Métropolitain de Montréal (1985), l’Orchestre Philharmonique de Lorraine (1991). En 1981, il dédie à Bobby Sands et à ses amis de l'IRA la chanson Thank You Satan. En 1982, il publie le triple album Ludwig- L'Imaginaire-Le Bateau ivre. En 1983, il publie le quadruple-album vinyle L'Opéra du pauvre et entame une « tournée marathon » en Italie, en France, au Portugal et en Belgique20. Il soutient à la même époque Radio libertaire. L'année suivante il chante à l'Olympia et au Théâtre des Champs-Élysées. Ses concerts durent alors trois heures. En 1985, il publie un album entièrement consacré à son ami Jean-Roger Caussimon et effectue une nouvelle tournée à travers la France. En mars, il refuse d'être Commandeur des Arts et Lettres, et quitte RCA. Il inaugure en 1986 le Théâtre Libertaire Parisien. Il se produit pendant 6 semaines au TLP avec au programme un tour de chant consacré aux poètes qu'il a mis et continue de mettre en musique. En 1987, Ferré entame une nouvelle tournée marathon en France, Allemagne, Autriche, Italie, Belgique, Canada et Japon. Jean-Louis Foulquier organise une Fête à Ferré dans le cadre des Francofolies de La Rochelle ; Jacques Higelin interprète pour l'occasion une version de "Jolie Môme" « survitaminée ». L'année suivante, il refuse une nouvelle fois de soutenir la candidature de Mitterrand et appelle à l'abstention. Il effectue une tournée en France, au Canada, en Espagne, au Maroc, et un récital au TLP21. Léo Ferré à l'Olympia pour un spectacle en hommage à Paul Castanier en 1992. En 1989, Léos Carax lui propose d'écrire la musique du film Les Amants du Pont-Neuf22. En 1990, il chante avec Renaud, et Francis Lemarque à Bercy pour la fête des 70 ans du Parti Communiste. En 1991, il signe en compagnie de Renaud un appel pour la Paix maintenant contre l'intervention militaire dans le Golfe. Il publie le disque Une saison en enfer pour le centenaire de la mort de Rimbaud, et effectue en début d'année 1992 une tournée en France et en Belgique. Le 9 février 1992 il retrouve sur la scène de l'Olympia : Jacques Higelin, Georges Moustaki, Rufus, Font et Val, Alain Meilland, Jacques Serizier, Patrick Siniavine pour un spectacle en hommage à Paul Castanier. Hospitalisé fin 1992 il doit annuler sa rentrée parisienne au Rex. Il décède chez lui, le 14 juillet 1993, à l'âge de 76 ans. Son style Léo Ferré est une des références incontournables de la chanson française. Mêlant le lyrique et le populaire, la tradition et l'utopie, l'amour et l'anarchie, Ferré dépeint des états d'âmes plus qu'il ne raconte des histoires. Il secoue plus qu'il ne flatte. « Se demander si "on aime" Untel ou untel revient à s'interroger sur le plaisir qu'il nous procure. Avec Léo Ferré, il n'y a aucun doute possible : le plaisir est immense. D'abord un plaisir abstrait, cérébral. On est happé par le sens des mots. Puis une sensation plus physique qui est un effet du plaisir cérébral et qui parle au corps lui-même. Typiquement on appelle cela la jouissance. Et puis cet homme superbe à qui l'âge ne donne pas, comme on dit bêtement, une "éternelle jeunesse", mais une tonalité de liberté absolue, une grâce incomparable qui va bien au-delà de la vie et de la mort elles-mêmes. Léo Ferré a ce don extrême de dire des choses simples en révélant ses affects et ses expériences dont nous nous sentons les complices. C'est ce qu'[on] devrait montrer : ce complot d'affects, […] cette culture de la joie, cette dénonciation radicale des pouvoirs, ce glissement progressif vers un plaisir qui est le contraire de la mort. Ce que je peux exprimer bêtement par : j'aime Léo Ferré. Non parce qu'il est bête d'aimer Léo Ferré, mais parce que c'est dire bêtement une complicité qui peut mettre l'ordre en péril. Ferré est dangereux parce qu'il y a chez lui une violence (maîtrisée) qui s'appelle le courage de dire. Il perçoit partout, dans le monde, dans la vie individuelle, l'intolérable. C'est un homme de passion habité par la sérénité. C'est un plongeur de l'émotion qui utilise les mots comme des grains de sable dansant dans la poussière du visible. » — Gilles Deleuze, conversation de juin 1991 avec Domique Lacout, reproduite dans Dominique Lacout, Léo Ferré, Éditions Sévigny, 1991, p. 321-322 Ferré est considéré comme un poète marquant de la deuxième moitié du XXe siècle, avec une expression riche et profonde, où l'influence du surréalisme se fait sentir notamment dans la deuxième moitié de l'œuvre enregistrée. Il utilise un vocabulaire étendu, des champs lexicaux récurrents plutôt inattendus (du moins pour la chanson), joue avec la connotation usuelle des mots, forge des néologismes, crée des images complexes s'engendrant les unes les autres, avec de nombreux changements de registre et de rythme ; l'intertexte littéraire y est abondant, le sens rarement univoque. En tant qu'écrivain, il a abordé - en les subvertissant à des degrés divers - le récit d'enfance (Benoît Misère), le genre épistolaire (Lettres non postées), le texte de réflexion (Introduction à l'anarchie, Technique de l'exil, Introduction à la folie), le portrait, voire l'autoportrait (préfaces à Verlaine et à Caussimon). Il s'est frotté au théâtre (L'Opéra des rats), il a publié des recueils (Poètes... vos papiers !, Testament phonographe) et composé de vastes poèmes ouvragés (La Mémoire et la Mer23, Le Chemin d'enfer, Perdrigal/Le Loup, Death... Death... Death..., Métamec). Léo Ferré est aussi un infatigable passeur. En mettant en musique ses modèles et ses affinités (Apollinaire, Baudelaire, Verlaine, Rimbaud, Villon, Jean-Roger Caussimon, Aragon, Rutebeuf, Cesare Pavese et quelques autres), il contribue à les faire connaître et aimer d'un public élargi. On reconnaît moins unanimement ses qualités de musicien, alors que les harmonies chez lui sont riches et la mélodie inspirée. À partir de 1971, devenant son propre orchestrateur, Léo Ferré donne vie à son idéal esthétique de la chanson symphonique, pour un résultat souvent flamboyant. Ce choix a pu sembler hasardeux à certains, mais ce classicisme des arrangements l'éloigne d'une inscription précise dans une époque et le prémunit avec une belle ampleur des aléas de l'air du temps. Hors de la chanson, il s'est essayé à la composition de différents genres : l'opéra avec La Vie d'artiste (inachevé), l'oratorio avec La Chanson du mal-aimé (texte d'Apollinaire), le « ballet » avec La Nuit, la musique instrumentale avec La Symphonie interrompue, Le Chant du hibou, Le Concerto pour bandonéon (inachevé), et enfin la BO pour le cinéma avec des films comme Douze heures d'horloge, avec Lino Ventura, ou L'Albatros de Jean-Pierre Mocky. Il faut ajouter à cela la direction d'orchestre, qu'il apprend en autodidacte. De 1975 à 1990, Léo Ferré dirige occasionnellement les orchestres symphoniques qu'on veut bien lui prêter, lors de représentations en France, en Italie, au Canada, en Espagne, en Suisse et en Belgique. Mathieu Ferré24, avec les Éditions La Mémoire et la Mer, réédite régulièrement l'œuvre originale de son père tout en sortant de nombreux inédits. Honneurs officiels De son vivant, Léo Ferré a refusé de recevoir le Grand Prix de la chanson française, d'être fait Commandeur des Arts et Lettres, de soutenir François Mitterrand contre la promesse d'avoir à sa disposition un orchestre symphonique de premier ordre, et d'être l'invité d'honneur des premières Victoires de la musique. En 2003, a été inauguré la place Léo Ferré à Monaco, sur laquelle a été installée le visage en bronze de l'artiste, par le sculpteur Blaise Devissi. La Cité scolaire de Gourdon (Lot) porte le nom de l'artiste. Elle comprend un collège, un lycée général et un lycée professionnel. Il existe une rue Léo Ferré à Bagneux et une autre à Pierrefitte-sur-Seine. Une variété de rose originaire d'Asie porte le nom de l'artiste. Sa fleur est bicolore : blanc-or bordé de rouge carmin. En 2006, la commune de Grigny, dans le Rhône, inaugure une médiathèque Léo Ferré. En 2007, l'artiste plasticienne Miss.Tic a réalisé deux grands pochoirs muraux représentant Ferré pour la résidence universitaire d'Orly. En 2009 ont été inaugurés la place et le square Léo Ferré, à Paris (12ème arrondissement). En novembre 2009, le collectif Les derniers hommes rend hommage à Léo Ferré dans une création "il n'y a plus rien" lors du premier festival d'arts numériques "Labomatique" à Dijon.
BIOGRAPHIE de Louis MARIANO Luis Mariano, de son vrai nom Mariano Eusebio González y García, né le 13 août 1914 à Irun au Pays basque espagnol et décédé d'une hémorragie cérébrale le 14 juillet 1970 à l'Hôpital de la Salpêtrière à Paris, était un ténor qui vécut la majeure partie de sa vie en France. Il accéda à la célébrité en 1945 grâce à La Belle de Cadix, opérette de Francis Lopez ou encore Le Chanteur de Mexico. Il devint alors, à la scène comme au grand écran, le prince de l'opérette. Sa tombe à Arcangues est encore visitée et fleurie par ses fans presque quarante ans après son décès. Luis Mariano est le fils d'un mécanicien. Il fait d'abord partie de l'Orfeon Donostiarra de Saint-Sébastien, choeur mixte où il est ténor solo. De 1937 à 1939 il est deuxième ténor dans le groupe vocal Eresoinka avec lequel il chantera jusqu'à Paris (Pleyel, Chaillot, Opéra), Bruxelles, Amsterdam et Londres. À l'achèvement de la guerre civile espagnole, Luis Mariano et sa famille se réfugient à Bordeaux où son père s'établit garagiste. Attiré par le dessin, Luis entre à l'École des beaux-arts de Bordeaux. Reçu au concours d'entrée du conservatoire de Bordeaux, il est remarqué par Jeannine Micheau, qui s'aperçoit qu'on lui fait travailler des rôles trop lourds pour lui. Septembre 1942, Luis Mariano quitte le Conservatoire de Bordeaux, se rend à Paris et reçoit des leçons du grand maestro Miguel Fontecha. Cet éminent professeur va lui enseigner le "bel canto", technique de chant dans la plus pure tradition lyrique italienne se caractérisant par la beauté du son et la recherche de la virtuosité. Luis Mariano remonte sur la scène du Palais de Chaillot en décembre 1943, cette fois dans le rôle d'Ernesto de Don Pascual (au côté de Vina Bovy et Gilbert Maurin). En attendant le résultat d'une audition à l'opéra comique, il chante dans des spectacles de variété à la radio. Il commence à être connu. Il fait la connaissance de Francis Lopez et Raymond Vincy. Il crée leur première opérette La belle de Cadix, qui devait décider de sa carrière (24 décembre 1945 au théâtre du Casino Montparnasse). Prévue pour quelques dizaines de représentations, la belle de Cadix devait tenir l'affiche pendant deux ans. La popularité de Luis Mariano grandit rapidement. Pendant une dizaine d'années, il domine le monde de la chanson et de l'opérette. On l'entend notamment dans Fandango (1949). Le point culminant de sa carrière peut se situer en 1951-1952, années du Chanteur de Mexico et du film Violettes Impériales. Au théâtre, il triomphe dans Andalousie (1947), Le Chanteur de Mexico (1951) et Chevalier du Ciel (1955). Pour le cinéma, de 1945 à 1958, Mariano tourne une vingtaine de films. Son talent dans le chant lui permet de se produire aux quatre coins du monde : USA, au Canada et en Amérique du Sud. En 1957 et 1959, il accompagne la caravane du cirque Pinder sur les routes de France, puis il se produit à l'Olympia. Les années 1958-1960 marquent un certain tournant dans la carrière de Mariano. Les yéyés envahissent les ondes et les écrans de télévision. Mariano a toujours autant de succès sur les théâtres d'opérettes : le Secret de Marco Polo (1959), " Visa pour l'amour" (véritable jouvence pour l'artiste ) et surtout le Prince de Madrid (1967), sont de véritables succès. Mais au bout d'un certain temps, il ne tourne plus et ses incursions dans le chant se font rares. Signalons toutefois une tournée triomphale en Roumanie (1966), et l'enregistrement d'un disque de chansons espagnoles et d'un disque de chansons napolitaines. En province, il faisait des reprises très remarquées du Chanteur de Mexico et de La belle de Cadix (pour le vingtième anniversaire de cette création). En décembre 1969, il assure la création de la Caravelle d'Or au théâtre du Châtelet, mais ayant contracté une maladie, probablement une hépatite mal discernée, mal jugulée, il abandonne son rôle au bout de quelques mois. Il meurt des suites de cette même maladie, le 14 juillet 1970, à Paris. Il n'eut ni épouse, ni enfant, ni fiancée connue, le public semblant ne s'être jamais posé la question de la vie privée de son idole. Luis Mariano aurait selon certaines sources connu des aventures masculines, dont Francis Lopez lui-même, ce dernier lui écrivant des rôles à la hauteur de sa grande voix. Opérettes La musique des opérettes créées par Luis Mariano est de Francis Lopez, à l'exception de celle de Chevalier du ciel composée par Henri Bourtayre. • La Belle de Cadix 1945, • Andalousie 1947, • Le Chanteur de Mexico 1951, • Chevalier du ciel 1955, • La canción del amor mío 1958, • Le Secret de Marco Polo 1959, • Visa pour l'amour 1962, • Le Prince de Madrid 1967, • La Caravelle d'or 1969. Films • 1937 : Ramuntcho de René Barberis - Figuration chantée • 1942 : Le chant de l'exilé de André Hugon • 1946 : L'Escalier sans fin de Georges Lacombe • 1946 : Luis-Mariano chante de Louis Leclerc - court métrage • 1946 : Histoire de chanter de Gilles Grangier • 1946 : Hai Paris: Music-hall de Lucette Gaulard - court métrage • 1947 : Cargaison clandestine de Alfred Rode • 1948 : Fandango de Emil-Edwin Reinert • 1948 : Je n'aime que toi de Pierre Montazel • 1949 : Pas de week-end pour notre amour de Pierre Montazel • 1949 : Vedettes en liberté de Jacques Guillon - court métrage - participation • 1950 : Andalousie - (El sueno de Andalucia) de Robert Vernay • 1951 : Au pays basque de Pierre et Jean-François Apestéguy - court métrage, documentaire • 1951 : Rendez-vous à Grenade de Richard Pottier • 1952 : Violettes impériales - (Violetas imperiales) de Richard Pottier • 1953 : La Belle de Cadix de Raymond Bernard et Eusebio Fernandez Ardavin • 1953 : Paris chante toujours de Pierre Montazel - Participation en chanteur • 1953 : La Route du bonheur - (Saluti e baci) de Maurice Labro et Giorgio Simonelli - participation en chanteur • 1953 : L'Aventurier de Séville - (Aventuras del barbero de Sevilla) de Ladislao Vajda • 1953 : Le Tsarévitch - (Der Zarewitsch) de Arthur Maria Rabenalt • 1953 : Quatre jours à Paris de André Berthomieu • 1955 : Sur toute la gamme de Maurice Regamey - court métrage • 1955 : Napoléon de Sacha Guitry • 1956 : Le Chanteur de Mexico - (El cantor de México) de Richard Pottier • 1956 : À la Jamaïque de André Berthomieu • 1956 : Printemps à Paris de Jean-Claude Roy • 1958 : Sérénade au Texas de Richard Pottier • 1960 : Candide ou l'optimisme au XXème siècle de Norbert Carbonnaux • 1964 : Les pieds dans le plâtre de Jacques Fabbri et Pierre Lary De nombreux films ont été adaptés des opérettes où il avait triomphé à la scène. Quelques-uns de ses tubes • L'Amour est un bouquet de violettes • Andalucia mia • La Vi est là • Mattinata • Prière péruvienne • Cavalier du grand retour (reprise de Gilbert Becaud) • Plus je t'entends (reprise à Alain Barrière) • Oublie-moi • Mexico • La Belle de Cadix • Rossignol • Olé toréro • Visa pour l'amour (avec Annie Cordy) • Quand on est deux amis (avec Bourvil) • Il est un coin de France • Le Charme de Dolorès • Maman la plus belle du monde Bibliographie • Jacques Rouhaud et Patchi Lacan, Luis Mariano : une vie, éditions Sud Ouest, 2006 • Christophe Mirambeau, Saint Luis, Flammarion, 2004 • Daniel Ringold, Philippe Guiboust, Patchi Lacan, Luis Mariano, le Prince de lumière, s.l. [Paris] Musique-Éditions TF1, 1995 • Jean-Louis Chardans, J'ai connu un prince, La Table ronde, Paris, 1976 (es) : • Alberto López Echevarrieta, Luis Mariano entre el cine y la opereta, 1995
BIOGRAPHIE de Jean FERRAT Jean Ferrat, pseudonyme de Jean Tenenbaum, est un parolier, musicien, compositeur et chanteur français né le 26 décembre 1930 à Vaucresson (Hauts-de-Seine) et mort le 13 mars 2010 à Aubenas1 en Ardèche. À la fois chanteur engagé et chanteur de charme, auteur de chansons à textes, il est aussi compositeur, et met notamment en musique de nombreux poèmes de Louis Aragon. Jean Ferrat est proche des idées communistes, mais critique envers le Parti communiste français et l'URSS. Bien que peu présent dans les médias et malgré un retrait de la scène à quarante-deux ans, il connaît un grand succès aussi bien critique que commercial, fondé autant sur sa voix grave et chaude que ses prises de position politiques et sociales Sa jeunesse Le père de Jean, Mnacha (dit Michel) Tenenbaum2 est artisan-joailler. Né en 1886 à Ekaterinodar (aujourd'hui Krasnodar)3, il émigre de Russie vers la France en 1905. La mère de Jean, Antoinette, originaire du Puy de Dôme4 est ouvrière dans une usine de fleurs artificielles. Ils ont quatre enfants : Raymonde, Pierre, André et Jean, le plus jeune5. En 1935, la famille s’installe à Versailles. Jean suit ses études primaires au collège Jules Ferry (aujourd’hui lycée Jules Ferry). L'enfance de Jean est fortement marquée par l'Occupation allemande. Il a onze ans, le 30 septembre 1942, lorsque son père, Juif non pratiquant, est déporté à Auschwitz6, dont il ne reviendra pas7. Jean est caché un moment par des militants communistes, puis la famille (Jean, sa mère, sa sœur et ses frères) se réfugie en zone libre, à Font-Romeu8. Jean y reste deux ans, et y fait sa sixième et sa cinquième. Jean retourne ensuite vivre à Versailles avec sa tante. En juin 1944, sa famille insiste pour qu'ils rentrent dans les Pyrénées afin d'éviter les affrontements liés à la Libération. Mais arrivés à Perpignan, ils reçoivent l'instruction de ne pas terminer le trajet : sa sœur est retenue par la Gestapo à la citadelle de Perpignan, tandis que l'un de ses frères se cache dans la montagne et que sa mère est interrogée par la Gestapo. Jean et sa tante logent alors à l'hôtel pendant un peu plus d'un mois, jusqu'à ce que sa sœur soit libérée4. La famille gagne alors Toulouse, où elle est logée un temps par les parents de la belle-sœur de Jean, puis chez une famille de paysans dans l'Ariège, grâce aux réseaux de résistants dont fait partie son beau-père, Marcel Bureau9. À quinze ans, il doit quitter le collège pour aider financièrement sa famille. Il est, sans diplôme ni expérience, embauché comme aide-chimiste. De manière à progresser, il prend des cours du soir puis poursuit pendant plusieurs années un cursus au CNAM aux fins de devenir ingénieur chimiste. Il quitte définitivement ce milieu en 1954 pour celui de la Bohème et des cabarets de la Rive gauche. Ses débuts dans le monde du spectacle Attiré par la musique et le théâtre, il entre dans une troupe de comédiens au début des années 1950, compose quelques chansons et joue de la guitare dans un orchestre de jazz. Il passe sans grand succès quelques auditions, fait des passages au cabaret sous le nom de Jean Laroche, et, ne se décourageant pas, décide de se consacrer exclusivement à la musique. En 1956, il met en musique Les yeux d’Elsa, poème de Louis Aragon dont il sera toute sa vie l'admirateur10. C’est André Claveau, alors fort en vogue, qui interprète la chanson et apporte un début de notoriété à Jean, qui se produit au cabaret parisien La Colombe de Michel Valette, en première partie de Guy Béart. En 1958, il sort chez Vogue son premier 45 tours EP, qui ne rencontre guère de succès. Une jeune chanteuse, Christine Sèvres, reprend quelques-unes de ses chansons. Il l’épouse en 1961. C’est la rencontre en 1959 de Gérard Meys, qui devient son éditeur et son ami, qui lance sa carrière. Il signe chez Decca et, l’année suivante, sort son second 45 tours EP avec la chanson Ma Môme, son premier succès, et passe sur toutes les ondes. Pratiquement en même temps, RCA publie un 45 tours EP des 4 chansons qu'il a enregistrées sous le pseudo de Noël Frank, qui n'aura aucun succès11. C'est après la découverte de la ville de Saint-Jean-Cap-Ferrat qu'il décide de s'appeler Jean Ferrat. Sa rencontre avec Alain Goraguer, qui signe ses premiers arrangements sous le pseudonyme de Milton Lewis, est décisive. Ce dernier devient l'arrangeur attitré de ses chansons. Son premier 33 tours sort en 1961 et reçoit le prix de la SACEM. Commence alors sa longue carrière, émaillée de difficultés avec la censure exercée par les dirigeants de la radio et de la télévision12. En effet, Jean Ferrat a toujours été un chanteur engagé à l’esprit libre. Il écrit ses propres textes et met en musique ceux de ses amis poètes, Henri Gougaud, Georges Coulonges ou Guy Thomas (voir la section discographie pour la suite). En 1962, il fait la connaissance d’Isabelle Aubret : un véritable coup de foudre amical a lieu entre les deux artistes. Ferrat lui écrit Deux enfants au soleil, qui devient un des titres majeurs de la chanteuse, et lui propose la première partie de la tournée qu’il commence. Il compose une chanson sur des paroles écrites par Philippe Pauletto qu’il publie en 1970, et qui sera ensuite interprétée aussi par Isabelle Aubret : Tout ce que j’aime. Au début des années 1960, il compose, sur des paroles de Michelle Senlis pour Jacques Boyer et Jean-Louis Stain, une chanson qui, réécrite partiellement dans les années 1970, devient Mon vieux, interprétée par Daniel Guichard. Le succès de cette chanson n’a jamais cessé. L'artiste engagé Compagnon de route du PCF sans jamais en avoir été membre13, il garde ses distances avec Moscou et, en 1968 avec la chanson Camarade il dénonce l’invasion de Prague en 196814 par les troupes du Pacte de Varsovie. Avec son ami Georges Coulonges, il y préfère la révolte des humbles, des simples gens. Opposé à l’orientation pro-soviétique prise à l’issue du vingt-troisième congrès du Parti communiste en 1979, il fustige dans la chanson Le bilan, la déclaration de Georges Marchais, secrétaire général du PCF, qui évoque alors - en 1979 - un bilan globalement positif15 des régimes dits socialistes. Il apporte néanmoins son soutien à Georges Marchais lors des élections présidentielles de 1981, expliquant quelques années plus tard, dans la chanson Les cerisiers (1985), les raisons pour lesquelles il est demeuré fidèle à la mouvance communiste16. Il accuse le système commercial qui fait passer les considérations financières avant l’art des artistes créatifs. Publiant des lettres ouvertes aux différents acteurs de la vie culturelle, présidents de chaînes, ministres, il dénonce une programmation qui selon lui privilégie les chansons « commerciales » plutôt que les créations musicales et poétiques17. Il était membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie internationale de la promotion d’une culture de non-violence et de paix18 ainsi que du Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples19. Jean Ferrat, dès ses débuts, oriente son inspiration dans deux directions : l’engagement social (il est proche du PSU puis du Parti communiste français) et la poésie. « Je ne chante pas pour passer le temps ». Ferrat a mis en musique de nombreux poèmes de Louis Aragon, et a tout au long de sa carrière cherché à donner à ses chansons une signification militante derrière le texte populaire. Censures à la télévision et à la radio Il évoque, à une époque où cela est encore dérangeant, la déportation par les Nazis. Le passage de sa chanson Nuit et brouillard est « déconseillé » par le directeur de l'ORTF12, mais le public suit, et l’album Nuit et brouillard obtient le prix de l’Académie Charles-Cros. Il chante dans La montagne l’Ardèche, région chère à son cœur, et fait de cet hommage à la France paysanne un de ses plus grands succès. En 1973, il s’installe définitivement à Antraigues-sur-Volane, où il possède une maison depuis 1964, et qu’il ne quittera plus, y devenant même, en 1977, conseiller municipal et adjoint au maire durant deux mandats. À la sortie de l'album Potemkine, les problèmes de censure recommencent, Georges Coulonges, le parolier de la chanson-titre a pourtant pris des gants, il écrit « M'en voudrez vous beaucoup... ». Dans son autobiographie, il indique « Pourquoi demander au public s'il m'en voudrait d'écrire ma chanson? On l'a compris : ce n'était pas à lui que la question était posée. C'était aux antennes vigilantes de la radio, de la télévision gaullienne. J'avais des raisons de me méfier d'elles ». En 1966, il est interdit de petit écran en raison de sa candidature sur la liste PCF aux élections municipales d’Antraigues (Ardèche). Après un voyage à Cuba qui le marque profondément et d’où il rapporte ses célèbres moustaches22, c’est Mai 68 et ses « événements » qu’il vit intensément. Jean Ferrat retourne à sa passion pour la poésie ; il met en musique Louis Aragon d’une façon magistrale. Le 16 mars 1969, Jean Ferrat est invité à l'émission de Jean-Pierre Chabrol, L'invité du dimanche, ainsi que Georges Brassens et Jacques Brel. En plein débat d'idées, le chef de plateau arrive avec une ardoise où il est écrit à la craie : « Ordre de la direction, que Jean Ferrat chante, mais qu'il ne parle plus ». Un tollé général s'ensuit et toute l'équipe est renvoyée. Jean Ferrat ne fera plus de télévision pendant près de 3 ans à la suite de cet événement. En 1972, il fait, au Palais des Sports de Paris, ses adieux à la scène, qu'il juge « trop dure physiquement » Les années ardéchoises Jean Ferrat est venu habiter la commune d’Antraigues-sur-Volane (près de Vals-les-Bains) en Ardèche, où il connaissait le maire communiste et peintre Jean Saussac, dont il devint l'adjoint à la culture. Ce lieu lui a inspiré la chanson La montagne, enregistrée le 12 novembre 1964 à 9 heures du matin. Sa compagne, Christine Sèvres, née Jacqueline Christine Boissonnet, meurt en 1981, à l’âge de 50 ans. Elle avait eu, née en 1953 de son premier mariage, une fille, Véronique Estel24, qu'il considère comme sa fille25. Christine et lui avaient chanté ensemble le seul duo de la carrière de Ferrat : La Matinée. Il s'est remarié avec Colette, qui l'accompagnera jusqu'à la fin. Dans les années 1970, Jean Ferrat se fait plus rare, chaque nouvel album est un véritable événement et ses chansons sont commentées comme de véritables prises de position intellectuelle. Il affectionne les chansons qui font passer des messages forts tout en reposant sur un texte subtil et imagé au point d’en devenir parfois allégorique. Durant ces années-là, Ferrat fustige les guerres coloniales, dans Un air de liberté (1975)26, attaquant nommément Jean d’Ormesson, éditorialiste au Figaro, et suscite encore la polémique. Dans la chanson Un jeune, un an après l’élection de Valéry Giscard d’Estaing à la Présidence de la République, Ferrat se moque des jeunes militants du parti politique présidentiel, les Républicains Indépendants. Il est encore une fois en phase avec son temps, rappelant, dans La femme est l’avenir de l’homme, la proximité entre deux importants combats révolutionnaires : la lutte sociale et la lutte féministe en plein essor27. Polygram rachète son catalogue à la fin des années 1970. Désireux de ne pas dépendre de la major, il entreprend de réenregistrer tous ses titres et sort une compilation de 11 volumes en 1980. Ce nouvel album fait alors sensation et reflète le recul de plus en plus grand qu’il prend vis-à-vis de l’URSS, ainsi que sa dénonciation du stalinisme, dans la chanson Le bilan (1980). Il est candidat sur la liste PCF de Robert Hue aux élections européennes de 1999, inscrit Jean Tenenbaum dit Jean Ferrat. En 2007, Jean Ferrat a soutenu José Bové pour l'élection présidentielle. En 2010, il a apporté son soutien à la liste présentée par le Front de gauche en Ardèche aux élections régionales14. Ses apparitions télévisées sont très rares. En 1991, sort un nouvel album, qui lance la chanson « À la une », fustigent la télévision. Cet album lui vaut un spécial Stars 90, en novembre 1991, sur TF1, présenté par Michel Drucker. Ses dernières apparitions télé sont à l'émission Vivement Dimanche, début janvier 2003, sur France 2, présenté par Michel Drucker et dans une interview au journal de TV5 monde. En octobre 2003, il répond à Hélène Hazera sur France culture au cours d'un entretien de plus de 2 heures, qui sera diffusé en février 2004, sous le titre de Jean Ferrat, le léger et le grave.4 Jean Ferrat meurt le 13 mars 2010 à l’hôpital d’Aubenas, des suites d’un cancer28. De nombreuses personnalités rendent hommage à celui qui « a su lier la poésie, le peuple et ses idéaux »29. Il est inhumé le 16 mars au cimetière communal d'Antraigues-sur-Volane près de son frère André, après une cérémonie d'hommage sur la place centrale du village, où se sont réunies plus de 5 000 personnes 30. La veille, plus de quatre millions de téléspectateurs avaient suivi en France l'émission télédiffusée en son hommage. Voir aussi • Jean Ferrat apparaît dans le film Vivre sa vie, de Jean-Luc Godard, pendant qu’on entend Ma môme. • On le voit également monter dans une rame de métro dans le film Un témoin dans la ville, d’Edouard Molinaro. • Didier Caesar (alias Dieter Kaiser) du duo Stéphane & Didier (Kernen, RFA) a transposé des chansons de Ferrat en allemand (surtout de Louis Aragon), tout en restant le plus proche possible du texte de départ, texte néanmoins rimé et chantable sur la musique originale. Il les interprète en allemand et en français. Il s’agit de Tu peux m’ouvrir cent fois les bras (Öffne die Arme hundert Mal), La montagne (Die Bergwelt), Que serais-je sans toi (Was wär ich ohne dich) de Louis Aragon, Le sabre et le goupillon (Der Weihwasserwedel und das Schwert), Potemkin, C’est beau la vie (Das Leben ist schön), Nous dormirons ensemble (Wir werden zusammen schlafen) (L. Aragon), Aimer à perdre la raison (Zu lieben, dass man den Verstand verliert) (L. Aragon). • Het Dorp (littéralement Le village, évoquant Deurne, adapté de La montagne), interprété par Wim Sonneveld32 en 1974 (ce fut son dernier simple), a connu un important succès aux Pays-Bas et en Flandre. En 2008, la chanson arriva première au classement Top 100 des chansons néerlandaises, organisé par Radio 5.33 • Pia Colombo : leurs carrières se sont croisées dans les années 60.
BIOGRAPHIE d’Edith PIAF Édith Piaf née Édith Giovanna Gassion le 19 décembre 1915 à Paris, morte le 10 octobre 1963 à Grasse est une chanteuse française de music-hall et de variétés. Surnommée à ses débuts « la Môme Piaf », on lui doit de très nombreux succès du répertoire francophone comme La Vie en rose, Non, je ne regrette rien, Hymne à l'amour, Mon légionnaire, La Foule ou Milord. Personnalité hors norme, elle a inspiré de nombreux compositeurs, fut le mentor de nombreux jeunes artistes et a connu une renommée internationale, malgré une fin de carrière rendue difficile par de graves problèmes de santé. Édith Piaf fut aussi comédienne au théâtre et au cinéma. Enfance Édith naît le 19 décembre 1915 à Paris, au 72 rue de Belleville, dans le 20e arrondissement, d'après la plaque apposée sur la maison sise à cette adresse ; selon son acte d'état-civil, Édith Giovanna Gassion est née 4 rue de la Chine, adresse de l'hôpital Tenon[1]. Enfant du spectacle[2], née dans la misère, elle est la fille de Louis Alphonse Gassion, artiste de cirque contorsionniste (né à Castillon dans le Calvados le 10 mai 1881, mort le 3 mars 1944 à Paris) et d'Annetta Maillard (4 août 1895-6 février 1945), Line Marsa de son nom d'artiste, chanteuse de rue d’origine française, née à Livourne (Italie). Le prénom « Édith » est choisi en référence à l'infirmière anglaise Edith Cavell[3], morte en héroïne quelques mois plus tôt, fusillée par les Allemands. Plaque commémorant la naissance d'Édith Piaf, au 72 rue de Belleville, Paris XXeSa mère, trop misérable pour l'élever, la confie très petite à sa grand-mère maternelle, Emma Saïd Ben Mohammed, Aïcha de son nom d'artiste (1876-1930), d'ascendance berbère marocaine[4] par son père Saïd Ben Mohammed[5], ancienne dresseuse de puces, vivant désormais de ménages. Sa grand-mère ne se serait pas occupée d'elle, laissant la petite fille dans la saleté, ignorant l'eau et l'hygiène. Ses biberons, selon la légende, se seraient faits au vin rouge... Elle reste 18 mois dans cette pauvre demeure avant que son père en permission de retour du front, ou peut-être sa tante Zéphora, la confie à sa grand-mère paternelle, patronne d'une maison close à Bernay en Normandie. Édith est choyée par les prostituées de la maison, mangeant pour la première fois à sa faim, portant de jolies robes et buvant du lait de Normandie. Vers l'âge de 7 ou 8 ans, elle perd momentanément la vue en raison d'une kératite. La grand-mère, ayant appris la guérison d'une gamine atteinte de la même maladie après qu'on eut prié pour elle sur la tombe de Thérèse Martin à Lisieux, décide d'aller avec ses « filles » y demander la guérison de la petite. On prend le train, on prie sur la tombe de Thérèse, on ramène de la terre qu'on lui applique en bandeau sur les yeux tous les soirs. Après huit jours environ, Édith est guérie ! Elle conservera toute sa vie une dévotion particulière à la « petite » Thérèse, dont elle gardera la médaille autour du cou sa vie durant[6]. En 1922, son père la reprend avec lui, pour vivre la vie d'artiste de petits cirques itinérants, puis la vie d'artiste de rue indépendant et misérable. C'est, à l'image de sa mère, en chantant des airs populaires dans la rue avec son père qu'Édith révèle son talent et sa voix d'exception. En 1930, elle quitte son père et chante en duo avec Simone Berteaut, qui deviendra son amie, son alter ego dans la rue. Le 11 février 1933, âgée de seulement 17 ans, elle a une fille, Marcelle, de son amant d'alors, Louis Dupont. Deux ans plus tard, l'enfant meurt, sans doute d'une méningite, le 7 juillet 1935. Chanteuse de cabaret À l'automne 1935, elle est découverte dans la rue par Louis Leplée, gérant du cabaret Le Gerny's, sur les Champs-Élysées. À cette époque, Piaf fredonne principalement des chansons du répertoire de Fréhel. Leplée lui choisit comme nom d'artiste « la môme Piaf » (un « piaf », familièrement, est un moineau, et « la môme Moineau » existait déjà). Le succès arrive. Son talent et sa voix hors normes sont remarqués entre autres par le compositeur Raymond Asso, et par Marguerite Monnot, compositrice et pianiste virtuose, sa future, et fidèle, grande amie, qui l'accompagnera tout au long de sa carrière et composera les musiques de Mon légionnaire, Hymne à l'amour, Milord, Les Amants d'un jour. En 1936, elle enregistre son premier disque, Les Mômes de la cloche, chez Polydor, et connaît un succès public et critique immédiat. Mais en avril, on retrouve Leplée assassiné à son domicile parisien. On découvre qu'il fréquentait les milieux du banditisme de Pigalle, ce qui précipite Édith dans le scandale. Elle est mise en cause par la presse et risque de retourner d'où elle est venue : la rue et les petits cabarets de misère. Elle passe cependant à Bobino et à L'Européen à la fin du printemps. Mais, quelques disques et un peu de scène ne peuvent nourrir une artiste débutante. À la fin de l'été, elle reprend contact avec Raymond Asso, auquel elle avait refusé Mon légionnaire (créé par Marie Dubas en 1935, titre que Piaf reprend début 1937, avec le Fanion de la légion). Après Leplée, Asso devient son nouveau mentor. Il la prend en main et la fait travailler pour en faire une chanteuse professionnelle de music-hall. À l'automne 1936, elle décroche l'Alhambra. Au printemps 1937 elle est à nouveau à Bobino. Mais, Édith veut plus : l'ABC. Le plus prestigieux music-hall parisien. Vedette de music-hall En mars 1937, Édith débute sa carrière de music-hall à l'ABC à Paris, où elle devient immédiatement une immense vedette de la chanson française, aimée du public et diffusée à la radio. Star de la fin des années 1930, Piaf triomphe à Bobino, ainsi qu'au théâtre en 1940, dans Le Bel Indifférent, une pièce spécialement écrite pour elle par Jean Cocteau et qu'elle interprète avec succès en compagnie de son compagnon du moment, l’acteur Paul Meurisse. Toujours avec Paul comme partenaire, elle joue dans le film Montmartre-sur-Seine de Georges Lacombe (1941). C’est lors du tournage de ce long métrage qu’elle fait la connaissance d'Henri Contet, qui deviendra, à l’instar de Marguerite Monnot, l’un de ses auteurs fétiches. Pendant l’occupation allemande, Édith, qui a définitivement troqué « La Môme Piaf » contre « Édith Piaf », continue de donner des concerts, mais ne cède pas face à l’occupant nazi : elle interprète des chansons à double sens, évoquant la résistance sous les traits d’un amant (Tu es partout) et protège les artistes juifs menacés par la milice et les Allemands. Au printemps 1944, elle se produit au Moulin Rouge où le tout jeune chanteur de music-hall Yves Montand passe en première partie de son spectacle. C'est le coup de foudre et Édith Piaf, déjà célèbre et adulée, entreprend de l'initier aux ficelles du métier et à la vie d'artiste. Elle va propulser sa carrière en lui présentant des gens importants à cette époque dans le monde du spectacle : Joseph Kosma, Henri Crolla, Loulou Gasté, Jean Guigo, Henri Contet, Louiguy, Marguerite Monnot, Philippe-Gérard, Bob Castella, Francis Lemarque… C'est également cette année-là que le père d'Édith meurt. Elle perdra sa mère l'année suivante. En 1945, Piaf écrit l’un de ses premiers titres : La Vie en rose (qu'elle n'enregistrera qu'en 1946), sa chanson la plus célèbre, désormais devenue un classique. Elle joue également à la Comédie-Française. Yves Montand devient à son tour une vedette du music-hall. Il débute au cinéma aux côtés de Piaf dans Étoile sans lumière, puis obtient son grand premier rôle dans Les Portes de la nuit, de Marcel Carné. Ils partent en tournée jusqu'en 1946, l'année où ils se séparent. C'est en 1946 que la chanteuse rencontre Les Compagnons de la Chanson, avec lesquels elle interprète le morceau Les Trois cloches, qui connaît un immense succès. Elle part ensuite avec ses protégés donner des concerts aux États-Unis pendant l’année 1947. Carrière internationale En 1948, alors qu'elle est en tournée triomphale à New York, elle vit la grande histoire d'amour de sa vie avec le boxeur français, de Casablanca, Marcel Cerdan, qui devient champion du monde de boxe des poids moyens le 21 septembre 1948. Mais un an plus tard, Cerdan meurt dans un accident d'avion le 28 octobre 1949 sur le vol Paris-New York, aux Açores, alors qu'il venait la rejoindre. Parce qu'il n'y avait plus de place dans cet avion, un couple avait cédé, avec gentillesse, ses places au boxeur... Anéantie par la souffrance morale (et la culpabilité) et par une polyarthrite aiguë, Édith Piaf prend, pour calmer sa douleur, de fortes doses de morphine. Elle chantera son grand succès, Hymne à l'amour et également Mon Dieu, en sa mémoire. En 1951, le jeune auteur-compositeur-interprète Charles Aznavour devient son « homme à tout faire », secrétaire, chauffeur et confident. Il lui écrit certaines chansons particulièrement notables comme Plus bleu que tes yeux ou encore Jezebel. Le 29 juillet 1952, elle épouse le chanteur français Jacques Pills, avec pour témoin l'actrice Marlène Dietrich (qui choisit sa robe de mariée pour elle), puis divorce en 1956. En 1953, elle entame une cure de désintoxication, puis devient une immense vedette de music-hall en Occident et en particulier aux États-Unis, où elle fait un triomphe en 1956 au Carnegie Hall de New York, dont elle devient une habituée. Elle connaît une histoire d'amour avec Georges Moustaki, qu'elle lance dans la chanson et avec qui elle a un grave accident de voiture en 1958, ce qui fait empirer son mauvais état de santé et sa dépendance à la morphine. Elle enregistre la chanson Milord (sur une musique de Marguerite Monnot), dont il est l'auteur, l'un de ses plus grands succès. En 1959, Édith s'effondre sur scène durant une tournée à New York. Elle subit de nombreuses opérations chirurgicales et revient à Paris en piteux état et sans Moustaki, qui l'a quittée en route. Elle est cependant récompensée pour la chanson Milord au cours d'une émission de télévision du nom de TV Award ; dans le studio d'enregistrement se trouvent Georges Moustaki et Edith Piaf en compagnie de Marguerite Monnot, les auteurs de la chanson. En 1960, l'auteur-compositeur-interprète québécois Claude Léveillée vient travailler avec elle à Paris. Edith interprètera deux de ses chansons : Les Vieux Pianos et Boulevard du Crime[7]. En 1961, à la demande de Bruno Coquatrix, Édith Piaf donne à l'Olympia de Paris, menacé de disparition à cause de problèmes financiers, une série de concerts parmi les plus mémorables et émouvants de sa carrière. C'est dans sa salle de spectacle de prédilection qu'elle interprète Non, je ne regrette rien, une chanson qui lui colle à la peau et que Charles Dumont et Michel Vaucaire viennent d'écrire pour elle. Édith sauve l'Olympia de la faillite, mais a du mal à se tenir debout et à bouger du fait de sa polyarthrite très invalidante, et ne réussit à chanter que grâce à une importante perfusion de morphine. Le 9 octobre 1962, âgée de 46 ans, épuisée et malade, elle épouse Théo Sarapo, un jeune et beau chanteur âgé de 26 ans et déclare qu'elle a parfois l'impression qu'il est en fait « un fils qui veille sa vieille mère malade ». Ils chantent en duo À quoi ça sert l'amour ? écrit par Michel Emer, un de ses fidèles compositeur. Début 1963, elle enregistre sa dernière chanson, L'Homme de Berlin, écrite par Francis Lai (un des auteurs de la fin de sa carrière, la moitié du récital de Nimegue en 1962 est composé de ses chansons) et Michèle Vendôme Disparition Édith Piaf meurt le 10 octobre 1963 à 13 h 10 à Plascassier (un quartier excentré de Grasse dans les Alpes-Maritimes) à l'âge de 47 ans d'une hémorragie interne (rupture d'anévrisme) due à une insuffisance hépatique[1], usée par les excès, la morphine et les souffrances de toute une vie. Le transport de sa dépouille vers Paris est organisé clandestinement et dans l'illégalité ; son décès est annoncé officiellement le 11 octobre à Paris, le même jour que celui de son ami Jean Cocteau. Cocteau, avec lequel Édith entretenait une correspondance suivie, apprenant la nouvelle de sa mort, a dit : « C'est le bateau qui achève de couler. C'est ma dernière journée sur cette terre »[8]. Il a ajouté : « Je n'ai jamais connu d'être moins économe de son âme. Elle ne la dépensait pas, elle la prodiguait, elle en jetait l'or par les fenêtres »[9], avant de mourir lui-même. Les obsèques de Piaf ont lieu au cimetière du Père-Lachaise (division 97). Malgré sa foi, parce que divorcée et ayant mené une vie « tumultueuse » au regard de l'Église, elle est interdite d'obsèques religieuses ; L'Osservatore Romano, organe du Vatican écrit qu'elle a vécu « en état de péché public » et qu'elle était une « idole du bonheur préfabriqué ». L'aumônier du théâtre et de la musique, le père Thouvenin de Villaret, peut cependant, au cimetière, lui accorder une dernière bénédiction. Une immense foule de dizaines de milliers d'admirateurs est venue lui rendre un dernier hommage tout au long du parcours du cortège à travers Paris, du boulevard Lannes jusqu'au Père-Lachaise[10]. Édith Piaf a été embaumée avant d'être enterrée. Elle se trouve dans un caveau où reposent également son père, Louis-Alphonse Gassion, mort en 1944, son mari, Théo Sarapo, tué dans un accident de voiture en 1970, et sa petite fille Marcelle, morte en 1935, à l'âge de 2 ans. Influence Personnalité et voix de la chanson française hors du commun, elle reste l'une des chanteuses françaises les plus célèbres au monde et a lancé avec succès la carrière de nombreux chanteurs, comme Yves Montand, Charles Aznavour, Gilbert Bécaud ou Georges Moustaki. Son image est associée à son inséparable petite robe noire qui la rendait aisément identifiable. Citations « C’était une grande, une valeur véritable dans le domaine de la chanson. Cette voix grave dans un si petit corps… » — Arletty « Madame Édith Piaf a du génie. Elle est inimitable. Il n'y a jamais eu d'Édith Piaf, il n'y en aura plus jamais. » — Jean Cocteau « Le seul mot qui puisse remplacer le mot Paris c'est le mot Piaf. » — Marlène Dietrich « Votre voix est comme l'âme de Paris... » — Marlène Dietrich « Je me souviens que c'est grâce à Édith Piaf que Les Compagnons de la chanson, Eddie Constantine et Yves Montand débutèrent. » — Georges Perec, Je me souviens.
BIOGRAPHIE des Compagnons de la Chanson Les Compagnons de la chanson est un groupe vocal français né à Lyon (alors en zone libre) en 1941[1], durant la Seconde Guerre mondiale. Il disparaîtra au milieu des années 1980. Origines D'abord connus sous le nom des Compagnons de la musique, un ensemble de jeunes gens issus des Compagnons de France créé par Louis Liébard en 1941, ils deviennent les Compagnons de la chanson en février 1946. Le groupe compte d'abord neuf membres puis huit, Paul Catrin, le neuvième élément pressenti, ayant choisi de ne pas quitter la formation de leur mentor et formateur Louis Liébard. Après un court intérim de Driant durant quelques semaines, c'est en septembre 1946, avec l'arrivée du Titi Paul Buissonneau, que la formation prendra sa véritable assise avec une organisation basée sur trois ténors, trois barytons et trois basses. Interprètes de vieilles mélodies françaises empruntées au folklore (Perrine était servante), c'est en 1944, alors qu'ils sont encore sous la tutelle de Louis Liébard, chez les Compagnons de la musique, qu'ils connaissent un premier succès et qu'ils rencontrent Édith Piaf à l'occasion d'un gala à Paris. En 1946, ils enregistrent avec Piaf la chanson Les trois cloches du compositeur suisse Jean Villard, plus connu sous le pseudonyme Gilles, qui deviendra un succès international et les révèlera au grand public grâce à un arrangement réussi par Marc Herrand. Encouragés et soutenus par Édith Piaf, Les Compagnons de la chanson adoptent un répertoire plus jeune et partiront en tournée aux États-Unis. À leur retour en France, ils rencontrent un succès prodigieux qui va leur permettre de parcourir le monde. Les succès s'enchaîneront durant les années 1950, 1960 et 1970. Les membres du groupe Si Paul Buissonneau, Marc Herrand et Jean Albert ne sont restés que quelques années, la formation qui reste la plus connue du grand public comportait : Jo Frachon (né à Davézieux le 14 août 1919, décédé le 10 février 1992), basse ; Guy Bourguignon (né à Tulle en 1920, décédé à Paris le 31 décembre 1969), basse ; Jean Broussolle (né à Saint-Vallier le 2 février 1920, décédé le 28 avril 1984), baryton ; Jean-Louis Jaubert (né à Mulhouse le 29 août 1920), basse ; Hubert Lancelot (né à Lyon le 11 septembre 1923, décédé à Paris le 7 mars 1995), baryton ; Fred Mella (né à Annonay le 10 mars 1924), ténor ; Jean-Pierre Calvet (né à Orgon le 12 mars 1925, décédé 16 février 1989), ténor ; René Mella (né à Annonay en 1926), ténor ; Gérard Sabbat (né à Lyon en 1926), baryton. Malgré des changements au cours des années, ils demeureront toujours neuf jusqu'à la mort de Guy Bourguignon en 1969, refusant alors d'un commun accord de remplacer leur ami. Le 31 décembre 1972, le compositeur Jean Broussolle quittant le groupe lors d'un Grand Échiquier de Jacques Chancel fort émouvant, c'est Michel Cassez né en 1931, plus connu sous le nom de « Gaston », ex-musicien de Claude François et animateur de l'émission Midi-trente sur TF1. Le parcours du groupe Les Compagnons de la chanson enregistreront successivement chez Columbia/Emi, Polydor, CBS, Sonopresse et Philips. À la suite de leur première tournée américaine d'octobre 1947, ils se tourneront vers les scènes du monde (États-Unis, Angleterre, Brésil, Moyen-Orient, Japon...). En 1954, sous l'égide de Radio-Luxembourg, ils effectuent sous chapiteau une longue tournée de plus de six mois. En 1959, ils suivront le Tour de France avec un concert à chaque ville-étape. Ils sont passés à quatre reprises à l'Olympia et sont restés cinq mois à l'affiche de Bobino, à Paris, en 1962, trois mois en 1966, un mois en 1968, 1970 et 1973. Ils participeront à de nombreuses émissions télévisées et radiophoniques comme Le Palmarès des chansons, Télé Dimanche, Tête de bois et tendres années'', etc.. En plus du chant, chacun des membres a eu un rôle particulier à remplir pour le bon fonctionnement du groupe, ce qui a permis à la formation de garder une belle harmonie. L'homogénéité de cette formation vocale ne saurait faire oublier le fait qu'elle était composée de personnalités souvent brillantes individuellement : Fred Mella, le soliste ; Marc Herrand, arrangeur de talent de plusieurs des grands succès de la formation (Les Trois cloches, Mes jeunes années écrite en ce qui concerne la musique en collaboration avec Charles Trenet, Moulin Rouge avec Georges Auric, etc.) ; Jean-Pierre Calvet, parolier ; Jean Broussolle également arrangeur de qualité de la plupart des chansons du répertoire des Compagnons et compositeur de beaucoup de leurs succès ; Jean-Louis Jaubert enfin, qui faisait fonction de véritable directeur du groupe. Sans oublier ceux qui gravitaient autour du groupe, parmi lesquels l'arrangeur de talent Nino Nardini (à l'origine de Sur ma vie de Charles Aznavour), et la contribution de plusieurs autres grands noms de la chanson comme Gilbert Bécaud, Georges Brassens ou Henri Salvador. Au total, plus de 350 titres seront gravés, 50 resteront inédits, et le groupe fera environ 300 concerts par an. Les Compagnons passeront quatre années avec Édith Piaf, ils enregistreront également avec elle la chanson Johnnie Fedora et Alice Bluebonnet, du dessin animé de Walt Disney La Boîte à musique. Ils feront de multiples tournées au Canada, Japon, Israël, États-Unis, Liban, Syrie, Brésil, Russie, Afrique, Angleterre, Belgique, Italie, Suisse, Allemagne etc.. Ils tourneront un film avec Edith Piaf, Neuf Garçons, Un cœur, et participeront à Minnie Moustache, une opérette de Broussolle et Van Parys avec Jean Lefebvre. C'est en décembre 1980 qu'ils annoncent leur tournée d'adieux, celle-ci durera près de cinq ans. En 1983, ils recevront un triomphe pendant cinq semaines à l'Olympia. Leur dernier concert sera donné le 14 février 1985 au pavillon Baltard de Nogent-sur-Marne. De nos jours Depuis 1986, Fred Mella poursuit sa carrière en solo et son frère René Mella participe de temps à autre, avec son nouveau groupe Les Copains d'Accord, à quelques tournées. Ce qui leur a valu à l'un comme à l'autre d'enregistrer de nouveaux CD. Il en est de même de « Gaston » Michel Cassez qui se produit encore avec son Jazz band. Le 19 octobre 2002, une place des Compagnons de la chanson a été inaugurée à Lyon dans le quartier de la villa du Point du Jour, à proximité de l'endroit où la prestigieuse épopée avait commencé sous la direction de Louis Liébard. De nombreux fans venus des quatre coins de France, et même de Suisse, étaient là pour assister à l'événement.