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MacBride – Le livret
Introduction :
Sur l’Ile de MacBride, on dit que lorsqu’une fille trouve une arête de poisson dans une botte de foin, elle sera mariée avant le prochain solstice. Pour celà, les druides sacrifient un bélier lors des équinoxes et les grands-mères tissent des vêtements de lin à l’aide des arêtes qu’elles ont elles-même trouvées lors de leur jeunesse. Elles jettent ensuite des couronnes de fleurs des falaises de granit, que le vent et les flots portent vers la crique du soleil levant.
La tradition est pour les hommes de couper un maximum de bûches à l’aide d’une hache faite d’un alliage dont seuls les druides ont le secret, et ce, à l’occasion d’un rituel festif.
C’est grâce à celà que les villageois déterminent le jeune homme qui pourra épouser la mariée. Le devin de la forêt avait prédit que l’année du sanglier, les aînés des familles des bûcherons et des pêcheurs se mesurerait pour la main de la fille du forgeron.
Cette histoire raconte se qui se passa cette année-là, les malheurs et les merveilles qui survinrent sur l’Ile de MacBride lors de la fête de l’anémone des trépassés.
A.Bunch : Texte, Voix, Mix
C.Biette : Guitare
Sur l’Île de MacBride :
Ecoutez m’sieurs dames, je voudrais vous parler d’un coin,
C’est l’Ile de MacBride, un endroit hors du commun
Un p’tit bout de terre, quelque part sur l’océan,
Où vivent quelques âmes qui résistent aux coups de vents
Y’a là un dolmen, un dieu en chaussettes de laine,
Des goëlands qui planent malgré les caprices du ciel,
Des enfants qui scrutent parmi les intempéries,
Les moutons hirsutes qui s’accrochent aux pissenlits.
Sur l’Ile de MacBride, tout le monde est intrépide
Les pingouins se castagnent et les grands pères sont solides
Les enfants remplissent leur cartable plein d’espadons
Que les grands mères transforment en soupe de poisson
Mais il flotte aussi quelque chose d’un peu artiste
Sur ce lieu magique au décor minimaliste
Des violons qui tournent et des tambours qui roulent
Quand l’océan gronde et qu’il fait parler la houle
Comme chaque année, le village se prépare
L’Anémone des Trépassés, on la fête jusqu’à très tard
Créature marine, mystérieuse et redoutable
Quelque part cachée sur la roche ou sous le sable
Les jeunes filles sont là pour ce jour de l’année
Où les dieux, les flots peuvent ainsi décider
Laquelle d’entre elles, par sa mère maquillée
Trouvera alors son vaillant fiancé
Les jeunes hommes aussi prient souvent l’anémone
Pour que cette fête mi-humaine, mi-bretonne
Leur donne une princesse sur leur île au large de tout
Où seules les bûches résistent à leur courroux
Qui sera ce soir le nouveau prince charmant
Sous ses mèches rousses qui s’offrent au vent ?
Les tâches de rousseurs et le regard du rival
Complètent le tableau sous un ciel rempli d’étoiles
C.Biette : Paroles, Chant, Guitare
A.Bunch : Percussion, Mix
Interlude Electro :
Comme la nuit était tombée, les jeunes filles du village formèrent un grand cercle autour de la gigantesque botte de foin disposée au centre de la place. Elles commencèrent à fouiller… et ce fût Wendy… Wendy Johnston, la fille du forgeron et ses vingt-deux ans. La plus belle, la plus élancée des demoiselles venait de trouver la grande arrête de poisson.
Dans le groupe des garçons, deux regards s’éclairèrent… En effet, deux jeunes hommes étaient amoureux de Wendy depuis leur plus tendre enfance. Yann Guezennec, un des membres de la fameuse famille des pêcheurs de l’île et Collin Killarney, fils de l’infâme et richissime Biff Killarney, le bûcheron de MacBride Island. Ce dernier avait fait fortune lors de l’hiver précédent, profitant des rumeurs de période glaciaire à venir, le bois vendu lui avait permis d’acheter une cinquantaine de moutons et de s’approvisionner en potion énergisante auprès du druide Arthur Kerdouglas.
Les deux jeunes hommes montèrent sur l’estrade où se trouvaient leur hache et leur bûche respectives. La doyenne du village souffla dans la corne de brume et les garçons se mirent à l’ouvrage. Habitué à la tâche et aidé par la potion que lui avait donné son père en cachette, Collin Killarney pris une avance impressionnante sur le courageux Yann Guézennec…
Pourtant la nature (ou qui sait… l’Anémone des trépassés ?) bouleversa la situation. Une bourrasque de vent déstabilisa les planches où se trouvaient les jeunes hommes. Et seul Yann, habitué aux mouvement imprévisibles de sa barque resta debout tandis que Collin chuta de l’estrade, se disqualifiant comme le voulaient les règles de la fête de l’anémone.
N’acceptant la défaite de son fils, le bûcheron Biff Killarney décida de déclencher une bataille générale.
C.Biette : Texte, Voix
A.Bunch : Programmation, Mix
La fête dégénère
« Allez mes pêcheurs, à vos soles…
Le clan des bûcherons, cela fait des années
Qu’ils ne méritent plus un de mes deniers...
Je te mets un coup de poisson, schplafff !!!
Faites attention, y’a l’espadon !
Baston Générale ! »
« Venez ici les pêcheurs, on veut vous voir en sueur
Prêts à manger du bois ? Ca y est ? on a peur ?
Chêne ou marronnier, ça va déguster…
Allez…Schttack !!! On attaque à coups de branches !
Baston Générale ! »
A.Bunch : Paroles, Chant, Guitares, basse, programmation, couteaux, Mix
C.Biette : Paroles, Chant, fourchettes, casseroles
Interlude Piano
Quelle intense bataille ! Toute la population du bourg était impliquée dans l’affrontement… lancers de torches, coups de poing, morsures de chèvre… toutes les armes à disposition étaient utilisées. Yann et Collin qui, lui, avait accepté sa défaite, s’en allèrent jusqu’à la falaise de la face nord de l’Ile. Wendy, prise de panique dans la bagarre, était partie dans cette direction.
Alors situés à 200 mètres au dessus de la mer, les trois jeunes furent rejoints par Biff Killarney qui voulait en finir avec le fils Guézennec. En tentant de pousser Yann, Biff tomba lui-même dans l’océan. Il se retrouva face à face avec l’Anémone des Trépassés qui lui accrocha une jambe avec une de ses gigantesques tentacules afin de le maintenir sous l’eau.
Personne, non personne ne su ce que Biff et l’Anémone se dirent à ce moment précis… mais l’Anémone, plutôt que de choisir de provoquer la noyade de Biff, le propulsa hors de l’océan jusque sur une dune de la crique du soleil levant.
Wendy Johnston et Yann Guézennec vécurent la plus belle des idylles que les insulaires aient connu.
Depuis cet événement miraculeux, Biff Killarney, lui, entreprit ce qui allait devenir le chantier de sa vie : une gigantesque fresque en l’honneur de l’Anémone des Trépassés peinte sur la face nord de l’Ile de MacBride.
A.Bunch : Voix, Piano, Mix
C.Biette : Texte
L’Anémone :
Si un beau jour vous vient l’idée, d’aller faire une ballade sous l’eau
D’aller voir tout ce qui se trame, bien en dessous de la coque des bateaux
En scaphandre ou en sous-marin ou accrochés à un dauphin…
Préparez-vous à rencontrer une demoiselle du monde marin
Au bout de ses tentacules,
Des manières de voyou, tortionnaire sans tabou
Lumière ou crépuscule,
Elle décide de tout, elle décide de vous
C’est la marraine des récifs, redoutable même sans son canif
Elle vous attrape par les bras, par les mollets ou par les tifs
Ceux qui n’étaient que naufragés, se changent alors en trépassés
Cette princesse multi-tâches n’a pas fini de faire parler
De ses jolies tentacules
Qui s’occupent de tout, qui s’occupent de vous
Lumière ou crépuscule
Elle s’occupe de vous, elle choisira pour vous
C’est la plus souple du rocher, c’est la reine de la gymnastique
Solitaire et pourtant si forte, elle domine le monde aquatique
Sur le dos d’un bernard l’hermitte elle se transforme en voyageuse
Laisse la vie suave aux visiteurs et offre des vacances flâneuses
A toutes ses tentacules
Qui saluent les cailloux, elles ont un charme fou
Là où elles déambulent
Elles s’occuperont de tout, elles s’occuperont de vous
C.Biette : Paroles, Chant, Guitare
A.Bunch : Percussions, Guitare, Mix