Le territoire de Wallis-et-Futuna ne comptait que 14 944 habitants en 2003, dont 67,3 % à Wallis et 32,6 % à Futuna. La langue officielle est le français, mais les insulaires d’origine parlent des langues polynésiennes. Ainsi, la population de ce petit territoire n’est pas linguistiquement homogène puisqu’elle forme deux groupes différents d’origine austronésienne: les Wallisiens et les Futuniens. Sur le plan linguistique, Wallis et Futuna connaissent une situation de bilinguisme: la langue maternelle de la quasi-totalité de la population est le futunien à l’île Futuna et le wallisien à l’île Wallis. Le wallisien compte près de 10 000 locuteurs, le futunien, presque 5000. On compte quelque 400 Métropolitains (soit 2,7 %) dans les archipels de Wallis et de Futuna.
Le futunien et le wallisien appartiennent au groupe malayo-polynésien oriental de la famille austronésienne. Outre le wallisien et le futunien, ce sous-groupe (océanien) comprend notamment le tonguien à Tonga, le samoan aux Samoa occidentales et Samoa américaines, le tokelau à Tokelau, le tahitien le marquisien et le tuamotu en Polynésie française, l’hawaïen à Hawaï, le maori en Nouvelle-Zélande, etc. Les différences entre les deux langues polynésiennes du territoire sont importantes au point où l’intercompréhension est difficile, bien qu’elles aient, toutes deux, hérité du proto-polynésien la grande majorité de leur vocabulaire.
Le wallisien a subi l’influence du tongien, alors que le futunien est resté plus proche du samoan. Néanmoins, d'une part, suite aux premiers contacts avec les baleiniers et autres commerçants anglo-saxons, et à la présence de nombreux "marines" américains (à Wallis seulement) pendant la Seconde Guerre mondiale, et, d'autre part, suite à la christianisation à partir du XIXe siècle, le wallisien et le futunien ont tous deux emprunté à l'anglais et au latin d'église; à partir de 1961, les emprunts se sont surtout faits à partir du français.
Enfin, précisons que le wallisien et le futunien présentent tous deux des variantes locales. À Futuna, il existe des variantes de parler, tant phonétiques que lexicales entre le royaume de Sigave à l'ouest et le royaume d'Alo (voir la carte 3) au sud-est. À Wallis, des variantes moins manifestes existent aussi entre les trois districts de l'île: Hihifo au nord, Hahake au centre et Mu’a au sud (voir la carte 4). Cependant, il ne s’agit pas de différences majeures et celles-ci ne nuisent pas à l’intercompréhension dans la même langue; elles permettent surtout de déterminer l’appartenance à l’un des deux royaumes de Futuna ou l’appartenance sociale à Wallis. Le wallisien, et dans une moindre mesure, le futunien, présentent en outre un registre de langue noble, qu'on utilise pour s'adresser aux rois ou aux ministres, ou encore au Dieu chrétien.
Enfin, il faut mentionner l’importance de l’émigration pour ce territoire français. Le gouvernement français a révélé que, depuis 1961, quelque 17 563 Wallisiens et Futuniens se sont installés dans la région de Nouméa en Nouvelle-Calédonie, principalement dans la région de Nouméa, mais aussi dans des zones d’extraction minière. En somme, on compte davantage de Wallisiens et de Futuniens hors du territoire (17 563) qu’à l’intérieur du territoire (14 166).
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