Hommage à JEAN FERRAT (Mix)

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BIOGRAPHIE de Jean FERRAT Jean Ferrat, pseudonyme de Jean Tenenbaum, est un parolier, musicien, compositeur et chanteur français né le 26 décembre 1930 à Vaucresson (Hauts-de-Seine) et mort le 13 mars 2010 à Aubenas1 en Ardèche. À la fois chanteur engagé et chanteur de charme, auteur de chansons à textes, il est aussi compositeur, et met notamment en musique de nombreux poèmes de Louis Aragon. Jean Ferrat est proche des idées communistes, mais critique envers le Parti communiste français et l'URSS. Bien que peu présent dans les médias et malgré un retrait de la scène à quarante-deux ans, il connaît un grand succès aussi bien critique que commercial, fondé autant sur sa voix grave et chaude que ses prises de position politiques et sociales Sa jeunesse Le père de Jean, Mnacha (dit Michel) Tenenbaum2 est artisan-joailler. Né en 1886 à Ekaterinodar (aujourd'hui Krasnodar)3, il émigre de Russie vers la France en 1905. La mère de Jean, Antoinette, originaire du Puy de Dôme4 est ouvrière dans une usine de fleurs artificielles. Ils ont quatre enfants : Raymonde, Pierre, André et Jean, le plus jeune5. En 1935, la famille s’installe à Versailles. Jean suit ses études primaires au collège Jules Ferry (aujourd’hui lycée Jules Ferry). L'enfance de Jean est fortement marquée par l'Occupation allemande. Il a onze ans, le 30 septembre 1942, lorsque son père, Juif non pratiquant, est déporté à Auschwitz6, dont il ne reviendra pas7. Jean est caché un moment par des militants communistes, puis la famille (Jean, sa mère, sa sœur et ses frères) se réfugie en zone libre, à Font-Romeu8. Jean y reste deux ans, et y fait sa sixième et sa cinquième. Jean retourne ensuite vivre à Versailles avec sa tante. En juin 1944, sa famille insiste pour qu'ils rentrent dans les Pyrénées afin d'éviter les affrontements liés à la Libération. Mais arrivés à Perpignan, ils reçoivent l'instruction de ne pas terminer le trajet : sa sœur est retenue par la Gestapo à la citadelle de Perpignan, tandis que l'un de ses frères se cache dans la montagne et que sa mère est interrogée par la Gestapo. Jean et sa tante logent alors à l'hôtel pendant un peu plus d'un mois, jusqu'à ce que sa sœur soit libérée4. La famille gagne alors Toulouse, où elle est logée un temps par les parents de la belle-sœur de Jean, puis chez une famille de paysans dans l'Ariège, grâce aux réseaux de résistants dont fait partie son beau-père, Marcel Bureau9. À quinze ans, il doit quitter le collège pour aider financièrement sa famille. Il est, sans diplôme ni expérience, embauché comme aide-chimiste. De manière à progresser, il prend des cours du soir puis poursuit pendant plusieurs années un cursus au CNAM aux fins de devenir ingénieur chimiste. Il quitte définitivement ce milieu en 1954 pour celui de la Bohème et des cabarets de la Rive gauche. Ses débuts dans le monde du spectacle Attiré par la musique et le théâtre, il entre dans une troupe de comédiens au début des années 1950, compose quelques chansons et joue de la guitare dans un orchestre de jazz. Il passe sans grand succès quelques auditions, fait des passages au cabaret sous le nom de Jean Laroche, et, ne se décourageant pas, décide de se consacrer exclusivement à la musique. En 1956, il met en musique Les yeux d’Elsa, poème de Louis Aragon dont il sera toute sa vie l'admirateur10. C’est André Claveau, alors fort en vogue, qui interprète la chanson et apporte un début de notoriété à Jean, qui se produit au cabaret parisien La Colombe de Michel Valette, en première partie de Guy Béart. En 1958, il sort chez Vogue son premier 45 tours EP, qui ne rencontre guère de succès. Une jeune chanteuse, Christine Sèvres, reprend quelques-unes de ses chansons. Il l’épouse en 1961. C’est la rencontre en 1959 de Gérard Meys, qui devient son éditeur et son ami, qui lance sa carrière. Il signe chez Decca et, l’année suivante, sort son second 45 tours EP avec la chanson Ma Môme, son premier succès, et passe sur toutes les ondes. Pratiquement en même temps, RCA publie un 45 tours EP des 4 chansons qu'il a enregistrées sous le pseudo de Noël Frank, qui n'aura aucun succès11. C'est après la découverte de la ville de Saint-Jean-Cap-Ferrat qu'il décide de s'appeler Jean Ferrat. Sa rencontre avec Alain Goraguer, qui signe ses premiers arrangements sous le pseudonyme de Milton Lewis, est décisive. Ce dernier devient l'arrangeur attitré de ses chansons. Son premier 33 tours sort en 1961 et reçoit le prix de la SACEM. Commence alors sa longue carrière, émaillée de difficultés avec la censure exercée par les dirigeants de la radio et de la télévision12. En effet, Jean Ferrat a toujours été un chanteur engagé à l’esprit libre. Il écrit ses propres textes et met en musique ceux de ses amis poètes, Henri Gougaud, Georges Coulonges ou Guy Thomas (voir la section discographie pour la suite). En 1962, il fait la connaissance d’Isabelle Aubret : un véritable coup de foudre amical a lieu entre les deux artistes. Ferrat lui écrit Deux enfants au soleil, qui devient un des titres majeurs de la chanteuse, et lui propose la première partie de la tournée qu’il commence. Il compose une chanson sur des paroles écrites par Philippe Pauletto qu’il publie en 1970, et qui sera ensuite interprétée aussi par Isabelle Aubret : Tout ce que j’aime. Au début des années 1960, il compose, sur des paroles de Michelle Senlis pour Jacques Boyer et Jean-Louis Stain, une chanson qui, réécrite partiellement dans les années 1970, devient Mon vieux, interprétée par Daniel Guichard. Le succès de cette chanson n’a jamais cessé. L'artiste engagé Compagnon de route du PCF sans jamais en avoir été membre13, il garde ses distances avec Moscou et, en 1968 avec la chanson Camarade il dénonce l’invasion de Prague en 196814 par les troupes du Pacte de Varsovie. Avec son ami Georges Coulonges, il y préfère la révolte des humbles, des simples gens. Opposé à l’orientation pro-soviétique prise à l’issue du vingt-troisième congrès du Parti communiste en 1979, il fustige dans la chanson Le bilan, la déclaration de Georges Marchais, secrétaire général du PCF, qui évoque alors - en 1979 - un bilan globalement positif15 des régimes dits socialistes. Il apporte néanmoins son soutien à Georges Marchais lors des élections présidentielles de 1981, expliquant quelques années plus tard, dans la chanson Les cerisiers (1985), les raisons pour lesquelles il est demeuré fidèle à la mouvance communiste16. Il accuse le système commercial qui fait passer les considérations financières avant l’art des artistes créatifs. Publiant des lettres ouvertes aux différents acteurs de la vie culturelle, présidents de chaînes, ministres, il dénonce une programmation qui selon lui privilégie les chansons « commerciales » plutôt que les créations musicales et poétiques17. Il était membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie internationale de la promotion d’une culture de non-violence et de paix18 ainsi que du Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples19. Jean Ferrat, dès ses débuts, oriente son inspiration dans deux directions : l’engagement social (il est proche du PSU puis du Parti communiste français) et la poésie. « Je ne chante pas pour passer le temps ». Ferrat a mis en musique de nombreux poèmes de Louis Aragon, et a tout au long de sa carrière cherché à donner à ses chansons une signification militante derrière le texte populaire. Censures à la télévision et à la radio Il évoque, à une époque où cela est encore dérangeant, la déportation par les Nazis. Le passage de sa chanson Nuit et brouillard est « déconseillé » par le directeur de l'ORTF12, mais le public suit, et l’album Nuit et brouillard obtient le prix de l’Académie Charles-Cros. Il chante dans La montagne l’Ardèche, région chère à son cœur, et fait de cet hommage à la France paysanne un de ses plus grands succès. En 1973, il s’installe définitivement à Antraigues-sur-Volane, où il possède une maison depuis 1964, et qu’il ne quittera plus, y devenant même, en 1977, conseiller municipal et adjoint au maire durant deux mandats. À la sortie de l'album Potemkine, les problèmes de censure recommencent, Georges Coulonges, le parolier de la chanson-titre a pourtant pris des gants, il écrit « M'en voudrez vous beaucoup... ». Dans son autobiographie, il indique « Pourquoi demander au public s'il m'en voudrait d'écrire ma chanson? On l'a compris : ce n'était pas à lui que la question était posée. C'était aux antennes vigilantes de la radio, de la télévision gaullienne. J'avais des raisons de me méfier d'elles ». En 1966, il est interdit de petit écran en raison de sa candidature sur la liste PCF aux élections municipales d’Antraigues (Ardèche). Après un voyage à Cuba qui le marque profondément et d’où il rapporte ses célèbres moustaches22, c’est Mai 68 et ses « événements » qu’il vit intensément. Jean Ferrat retourne à sa passion pour la poésie ; il met en musique Louis Aragon d’une façon magistrale. Le 16 mars 1969, Jean Ferrat est invité à l'émission de Jean-Pierre Chabrol, L'invité du dimanche, ainsi que Georges Brassens et Jacques Brel. En plein débat d'idées, le chef de plateau arrive avec une ardoise où il est écrit à la craie : « Ordre de la direction, que Jean Ferrat chante, mais qu'il ne parle plus ». Un tollé général s'ensuit et toute l'équipe est renvoyée. Jean Ferrat ne fera plus de télévision pendant près de 3 ans à la suite de cet événement. En 1972, il fait, au Palais des Sports de Paris, ses adieux à la scène, qu'il juge « trop dure physiquement » Les années ardéchoises Jean Ferrat est venu habiter la commune d’Antraigues-sur-Volane (près de Vals-les-Bains) en Ardèche, où il connaissait le maire communiste et peintre Jean Saussac, dont il devint l'adjoint à la culture. Ce lieu lui a inspiré la chanson La montagne, enregistrée le 12 novembre 1964 à 9 heures du matin. Sa compagne, Christine Sèvres, née Jacqueline Christine Boissonnet, meurt en 1981, à l’âge de 50 ans. Elle avait eu, née en 1953 de son premier mariage, une fille, Véronique Estel24, qu'il considère comme sa fille25. Christine et lui avaient chanté ensemble le seul duo de la carrière de Ferrat : La Matinée. Il s'est remarié avec Colette, qui l'accompagnera jusqu'à la fin. Dans les années 1970, Jean Ferrat se fait plus rare, chaque nouvel album est un véritable événement et ses chansons sont commentées comme de véritables prises de position intellectuelle. Il affectionne les chansons qui font passer des messages forts tout en reposant sur un texte subtil et imagé au point d’en devenir parfois allégorique. Durant ces années-là, Ferrat fustige les guerres coloniales, dans Un air de liberté (1975)26, attaquant nommément Jean d’Ormesson, éditorialiste au Figaro, et suscite encore la polémique. Dans la chanson Un jeune, un an après l’élection de Valéry Giscard d’Estaing à la Présidence de la République, Ferrat se moque des jeunes militants du parti politique présidentiel, les Républicains Indépendants. Il est encore une fois en phase avec son temps, rappelant, dans La femme est l’avenir de l’homme, la proximité entre deux importants combats révolutionnaires : la lutte sociale et la lutte féministe en plein essor27. Polygram rachète son catalogue à la fin des années 1970. Désireux de ne pas dépendre de la major, il entreprend de réenregistrer tous ses titres et sort une compilation de 11 volumes en 1980. Ce nouvel album fait alors sensation et reflète le recul de plus en plus grand qu’il prend vis-à-vis de l’URSS, ainsi que sa dénonciation du stalinisme, dans la chanson Le bilan (1980). Il est candidat sur la liste PCF de Robert Hue aux élections européennes de 1999, inscrit Jean Tenenbaum dit Jean Ferrat. En 2007, Jean Ferrat a soutenu José Bové pour l'élection présidentielle. En 2010, il a apporté son soutien à la liste présentée par le Front de gauche en Ardèche aux élections régionales14. Ses apparitions télévisées sont très rares. En 1991, sort un nouvel album, qui lance la chanson « À la une », fustigent la télévision. Cet album lui vaut un spécial Stars 90, en novembre 1991, sur TF1, présenté par Michel Drucker. Ses dernières apparitions télé sont à l'émission Vivement Dimanche, début janvier 2003, sur France 2, présenté par Michel Drucker et dans une interview au journal de TV5 monde. En octobre 2003, il répond à Hélène Hazera sur France culture au cours d'un entretien de plus de 2 heures, qui sera diffusé en février 2004, sous le titre de Jean Ferrat, le léger et le grave.4 Jean Ferrat meurt le 13 mars 2010 à l’hôpital d’Aubenas, des suites d’un cancer28. De nombreuses personnalités rendent hommage à celui qui « a su lier la poésie, le peuple et ses idéaux »29. Il est inhumé le 16 mars au cimetière communal d'Antraigues-sur-Volane près de son frère André, après une cérémonie d'hommage sur la place centrale du village, où se sont réunies plus de 5 000 personnes 30. La veille, plus de quatre millions de téléspectateurs avaient suivi en France l'émission télédiffusée en son hommage. Voir aussi • Jean Ferrat apparaît dans le film Vivre sa vie, de Jean-Luc Godard, pendant qu’on entend Ma môme. • On le voit également monter dans une rame de métro dans le film Un témoin dans la ville, d’Edouard Molinaro. • Didier Caesar (alias Dieter Kaiser) du duo Stéphane & Didier (Kernen, RFA) a transposé des chansons de Ferrat en allemand (surtout de Louis Aragon), tout en restant le plus proche possible du texte de départ, texte néanmoins rimé et chantable sur la musique originale. Il les interprète en allemand et en français. Il s’agit de Tu peux m’ouvrir cent fois les bras (Öffne die Arme hundert Mal), La montagne (Die Bergwelt), Que serais-je sans toi (Was wär ich ohne dich) de Louis Aragon, Le sabre et le goupillon (Der Weihwasserwedel und das Schwert), Potemkin, C’est beau la vie (Das Leben ist schön), Nous dormirons ensemble (Wir werden zusammen schlafen) (L. Aragon), Aimer à perdre la raison (Zu lieben, dass man den Verstand verliert) (L. Aragon). • Het Dorp (littéralement Le village, évoquant Deurne, adapté de La montagne), interprété par Wim Sonneveld32 en 1974 (ce fut son dernier simple), a connu un important succès aux Pays-Bas et en Flandre. En 2008, la chanson arriva première au classement Top 100 des chansons néerlandaises, organisé par Radio 5.33 • Pia Colombo : leurs carrières se sont croisées dans les années 60.
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3 commentaires
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littera  — Il y a 4 ans

UN GRAND HOMME SUPERBE HOMMAGE MERCI MON AMI BZ NINIE

gqui  — Il y a 5 ans

J'adore et merci pour la biographie Taatoni!!!!!!

Taratoni  — Il y a 5 ans

BIOGRAPHIE de Jean FERRAT

Jean Ferrat, pseudonyme de Jean Tenenbaum, est un parolier, musicien, compositeur et chanteur français né le 26 décembre 1930 à Vaucresson (Hauts-de-Seine) et mort le 13 mars 2010 à Aubenas1 en Ardèche.
À la fois chanteur engagé et chanteur de charme, auteur de chansons à textes, il est aussi compositeur, et met notamment en musique de nombreux poèmes de Louis Aragon. Jean Ferrat est proche des idées communistes, mais critique envers le Parti communiste français et l'URSS. Bien que peu présent dans les médias et malgré un retrait de la scène à quarante-deux ans, il connaît un grand succès aussi bien critique que commercial, fondé autant sur sa voix grave et chaude que ses prises de position politiques et sociales

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