Gérard de Nerval - Les Chimères - Artemis

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Les Chimères forment un ensemble de douze sonnets : El Desdichado, Myrtho, Horus, Antéros, Delfica, Artémis, Le Christ aux Oliviers, Vers dorés (Le Christ aux Oliviers comporte à lui seul cinq sonnets). Le nombre 12 semble avoir été choisi à dessein par Gérard, selon une symbolique traditionnelle. Les Chimères ont marqué l’histoire de la poésie française par le langage qui s’y développe et par la force poétique qui en émane. C’est une langue claire dont la signification est obscure. Beaucoup de critiques se sont penchés et se penchent encore sur ces poèmes afin notamment de discuter de la présence de clefs supposées, généralement symboliques ou ésotériques. Certaines de ces clés sont évidemment biographiques : El Desdichado fait allusion aux deux crises nerveuses traversées par Gérard, Delfica garde le souvenir de la jeune Anglaise rencontrée dans la baie de Naples... Mais l’inspiration des Chimères, le poète la puise dans ce syncrétisme qui a toujours marqué sa pensée : grand lecteur des œuvres ésotériques des alchimistes, des illuministes ou de certains philosophes, il nourrit ses vers d’une intuition panthéiste et mystique qu’il justifiera dans le dernier poème du recueil, Vers dorés : Homme, libre penseur ! Te crois-tu seul pensant / Dans ce monde où la vie éclate en toute chose ? À la lecture de sa dédicace à Alexandre Dumas, il apparaît que Nerval revendique cet hermétisme. Il y écrit en effet que les poèmes des Chimères perdraient de leur charme à être expliqués, si la chose était possible, concédez-moi du moins le mérite de l’expression ; - la dernière folie qui me reste sera de me croire poète : c’est à la critique de m’en guérir. À ce titre, Nerval annonce Mallarmé et l’esthétique surréaliste.

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