Georges Charles Brassens (né à Sète le 22 octobre 1921, mort à Saint-Gély-du-Fesc le 29 octobre 1981) est un auteur-compositeur-interprète français.
Georges Brassens a grandi dans un quartier populaire du petit port méditerranéen de Cette — la ville sera orthographiée Sète en 1928. Dans la maison familiale, il est entouré de sa mère Elvira2, de son père Jean-Louis, de sa demi-sœur Simone (née en 1912, du premier mariage de sa mère) et de son grand-père paternel, Jules. Sa mère, Elvira Dagrosa, dont les parents étaient originaires de Marsico Nuovo dans la région de Basilicate en Italie du sud, est une catholique d'une grande dévotion. Son père, entrepreneur de maçonnerie, est un homme paisible, généreux, libre-penseur, anticlérical et doté d'une grande indépendance d'esprit. Deux caractères très différents, qu'une chose réunit : le goût de la chanson. D’ailleurs, tout le monde chante à la maison. Sur le phonographe : les disques de Mireille, Jean Nohain, Tino Rossi ou Ray Ventura et ses Collégiens
D’abord mis dans l’institution catholique des sœurs de Saint-Vincent, par les soins de sa mère, il en sort deux ans après pour aller à l’école communale, selon le désir de son père. A 12 ans, il entre en sixième au collège. Georges est loin d’être un élève studieux. Il préfère les jeux, les bagarres, les bains de mer et les vacances. Afin que son carnet de notes soit de meilleure qualité, sa mère lui refuse les cours de musique. Il ignorera donc tout du solfège mais cela ne l’empêche pas d’écrire déjà des chansonnettes.
Alphonse Bonnafé
En 1936, il s'ouvre à la poésie grâce à son professeur de français, Alphonse Bonnafé, alias « le boxeur ». L’adolescent s’enhardit pour lui soumettre quelques uns de ses bouts rimés. Loin de le décourager, l'enseignant lui conseille plus de rigueur et l'intéresse à la technique de versification et à l'approche de la rime. A la poésie et à la chanson populaire s’ajoute sa passion pour les rythmes nouveaux venus d’Amérique qu’il écoute à la TSF : le Jazz. En France, Charles Trenet conjugue tout ce qu'il aime. Il sera un modèle.
« On était des brutes, on s'est mis à aimer [les] poètes. […] Et puis, grâce à ce prof, je me suis ouvert à quelque chose de grand. Alors, j’ai voulu devenir poète… »
Mauvaise réputation
Son intérêt croissant pour la poésie ne lui ôte pas le goût de faire les « 400 coups ». A maintenant 17 ans il s’implique, au printemps 1938, dans une fâcheuse aventure. Dans le but de se faire de l'argent de poche, la bande de copains dont il fait partie commet quelques larcins. Par facilité, les proches en sont les principales victimes. Jo, de son côté, subtilise bague et bracelet de sa sœur. Ces cambriolages répétés mettent la ville en émoi. Lorsque la police arrête enfin les coupables, l’affaire fait scandale. Indulgent, Louis Brassens ne lui adresse aucun reproche quand il va le chercher au poste de police. Pour saluer l’attitude de son père, il en fera une chanson : Les Quatre bacheliers « Mais je sais qu'un enfant perdu […] a de la chance quand il a, sans vergogne, un père de ce tonneau-là ». Par égard, il ne la chantera qu’après sa mort.
« Je crois qu'il m'a donné là une leçon qui m'a aidé à me concevoir moi-même : j'ai alors essayé de conquérir ma propre estime. […] J'ai tenté, avec mes petits moyens, d'égaler mon père. Je dis bien tenté… »
Pour sa part, cette mésaventure se solde, en 1939, par une condamnation d'emprisonnement avec sursis. Il ne retournera pas au collège. Il passe l’été en reclus dans la maison (il se laisse pousser la moustache). En septembre, la guerre est déclarée. Il pourrait devenir maçon auprès de son père mais, peine perdue, il ne pense qu’à la chanson. Il persuade ses parents de le laisser tenter sa chance à Paris et fuir ainsi l’opprobre qui lui colle à la peau. En 1971, il compose également la musique du film de Michel Audiard, Le Drapeau noir flotte sur la marmite, adaptation du roman de René Fallet : Il était un petit navire.
Lézardrieux
Suite aux vacances passées à Paimpol, chez le neveu de Jeanne, depuis les années cinquante, Georges Brassens apprécie la Bretagne. Michel Le Bonniec, lui a trouvé une maison sur les rives du Trieux, à Lézardrieux : « Ker Flandry ». Le moulin de Crespières est mis en vente en début 70. À la demande de Brassens, « Gibraltar » et son épouse viennent habiter la maison de l’impasse Florimont.
Brassens a 50 ans et 20 ans de carrière. Un autre tour de chant l’attend à Bobino avec Philippe Chatel, Maxime Le Forestier, Pierre Louki, en alternance (10 octobre 1972 au 7 janvier 1973). Mourir pour des idées (d'accord, mais de mort lente) est la nouvelle chanson qu'il met en avant pour contrer d'anciens rétracteurs. Le 30 octobre 72, il participe à une soirée spéciale contre la peine de mort au Palais des sports de Paris. À partir du 14 janvier 1973, il entame ses dernières tournées française. Il passe au théâtre municipal de Sète, le 13 avril 1973. Cette année-là, il fait son entrée dans le Petit Larousse.
Répondant à l’invitation de Colin Evans, professeur de français à l’University College de Cardiff, en Pays de Galles, Brassens donne deux récitals au Shermann Theatre le 28 octobre 73.
Le 19 octobre 1976, il s’installe à Bobino pour cinq mois. Il présente les nouvelles chansons de son dernier album. L’une d’entre elles est intitulée : Trompe-la-mort
« C’est pas demain la veille, bon Dieu, de mes adieux. »
Le 20 mars 1977, jour de la dernière, personne ne se doute qu’il ne foulera plus les planches de son music-hall de prédilection.
Tombe de Georges Brassens,
cimetière du Py, section 9, allée A.
D'inquiétantes douleurs abdominales de plus en plus vives l’amènent à se faire examiner. Un cancer de l’intestin se généralise. Il est opéré à Montpellier, dans la clinique du Docteur Bousquet en novembre 1980. L'année suivante, une nouvelle opération à l’hôpital américain de Paris, lui accorde une rémission qui lui permet de passer l'été dans la propriété des Bousquets, à Saint-Gely-du-Fesc, au nord de Montpellier. Retour à Paris et séjour à Lézardrieux.
Hormis les disques de ses chansons arrangées en jazz — dans lequel il est à la guitare auprès de prestigieux jazzmen —, en 1979 et celui en faveur de Perce-neige — l’association de son ami Lino Ventura —, sur lequel il chante les chansons de son enfance, en 1980 et sans oublier son rôle du hérisson dans le conte musical, Émilie jolie de Philippe Chatel, en 1979, il n’a pas enregistré d’album depuis cinq ans. Pourtant une quinzaine de chansons sont prêtes, quinze autres, en gestation. Il échafaude le projet de les graver. Là encore, il est resté fidèle à sa maison de disque tout au long de sa carrière.
Ultime satisfaction, la peine de mort — contre laquelle il avait écrit Le Gorille, fait des galas, manifesté, signé des pétitions —, est abolie le 9 octobre 1981.
Revenu dans la famille de son chirurgien, à Saint-Gély, il fête son soixantième anniversaire.
Souvent brocardée dans ses chansons, la camarde l’emporte dans la nuit du jeudi 29 octobre, à 23 heures 15.
Georges Brassens est inhumé à Sète, le samedi 31 au matin, dans le cimetière du Py.
Joha Heiman, mourra le 19 décembre 1999 et sera enterrée à ses côtés.
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Thématique :Variété / Chanson
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