421, cimetière des clandestins
(Lionel Grob / BARIL-Z)
Le cimetière des clandestins avec des numéros sur des panneaux de bois
Est tout proche des plages de sable fin où des corps gras se fabriquent des mélanomes
malins
Les rivages de l’Europe
Sont le théâtre du ballet moderne
Une valse macabre :
Des coquilles de noix
Sur des bras de mer
Tentent l’inégal bras de fer
L’illégale traversée
Leur coquille sur leur dos
Juilletistes et aoûtiens escargots
Tentent « l’infernal » chassé-croisé
L’estivale traversée
Au bord de l’eau
Un hollandais trop blanc
Croise un Malien tremblant
Au bord de l’eau
L’un fait des pâtés de sable
L’autre y creuse son trou, le n° 421.
N° 421, cimetière clandestin,
finir enterré comme un chien ça c'est le rêve européen,
L’un marche vers le Sud
Il veut du sodium dans les cheveux
Des ultraviolets dans les yeux
Il veut des podiums dans des campings
Du Beni Benassi dans une sono pourrie
De l’after sun, de la biafine
Du gel effet mouillé, de jolies chemises froissées,
L’autre marche vers le Nord
Il cherche de l’or
Pour sa famille restée au Sud
Il espère échanger la misère
Contre la solitude
Mais il garde la misère
Et il gagne une place de clandestin dans un cimetière clandestin, le n° 421
421, 422, 423...
combien encore avec ce funeste destin ?
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Thématique :Rock / Pop
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Tags :rock texte clandestin baril z
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