12 - Les chérubins

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Elle chialait dans les bras du vent Ses pensées sans dessus dessous Ses pas l’éloignant vivement des lumignons intimes Qui vibraient, cruels, dans les tours Elle hurlait les mains collées aux oreilles En s’enfuyant loin de chez elle Pour ne plus jamais les entendre, les rires des enfants Qui fusaient, joyeux, dans les cours Ensemble, courons dans les longs couloirs de neige Ensemble rions sous la foudre Pour l’éternité Vous resterez Mes chérubins Venez écouter la berceuse Que susurrent les fantômes de brume Quand l’heure est venue d’oublier Maintenant elle se promène Au milieu d’une immense fête foraine En dégommant des farandoles de pyjamas rouges Gonflés de néant somnambule Trois angelots, tenues en laisse Ombilicale, l’accompagnent, les ailes rognées, L’auréole en guise de collier, Une pomme d’amour fichée dans leurs poings Ensemble, courons dans les longs couloirs de neige Ensemble rions sous la foudre Pour l’éternité Vous resterez Mes chérubins Venez écouter la berceuse Que susurrent les fantômes de brume Quand l’heure est venue d’oublier Souvenirs écarlates, éclatez en ma mémoire comme des bulles Cauchemars aiguisés, déguisez vos heures noires en conte de fée Je ne veux plus revoir saigner les chérubins Je ne veux plus savoir que c’était sur mes mains Je ne veux plus entendre le cri des innocents Je ne veux plus comprendre que j’ai tué mes enfants Je saurais rallumer l’odeur de vos cheveux Essuyer la cendre qui recouvre vos yeux Ensemble… Ensemble fuyons la raison Pour l’éternité Vous resterez Mes chérubins Venez écouter la berceuse Que susurrent les fantômes de brume Quand l’heure est venue d’oublier

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