07 - Ce que firent les nymphes au moine

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Trois naïades au fond d’un ruisseau S’amusaient à péter dans l’eau Quand un bel et nu damoiseau Apparut au milieu des roseaux Il est à moi Il est à moi Crièrent les nymphes en émoi Non, harpies, je n’suis point à vous Car c’est à Dieu qu’entier je me voue Retournez pondre en votre lit De viles bulles créatures impies Après ce bain, je m’en irai, Le cœur en liesse, devenir moine à l’abbaye Beau jouvenceau ne t’envolera moineau Tu nageras dessous nos flots Avec nous blondin ! Notre bel ondin ! Parmi les truites, les vairons et les goujons Entre nos jambes et celles des hérons. Et les naïades l’ensorcelèrent Partir, Oh ! je me sens partir loin ! Je glisse dans le chant des sirènes Qui m’entraîne Oh ! délicieusement Dans un torrent De désirs endiablés De tourbillons entrelacés Lascive, l’eau vive, m’enivre et m’invite à danser Au rythme des remous avides gémissant sur la pierre Tenir, j’aurais voulu tenir bon J’ai laissé le courant m’emporter Sans lutter Oh ! Je resterai A tout jamais Le prisonnier des ondes Une âme en peine, vagabonde Pêcheur péché rêvant de l’au-delà des rives Au son des gargouillis moqueurs des fées aux cœurs de guivre Fofofofofol ami amer amant ou t’en vogues-tu ? Vers la mer files-tu ? Pepepepepetite anguille, belle aiguille, ne t’enfilera qu’en pertuis de filles ! Féféféféfé nous tanguer, oh gué ! au boubouboubout de ton gaie bâton ! Oh ! l’eau boue ! oh ! l’eau monte à nos crues Oh ! nous entends tu pousser nos gentils p’tits cris de grues ? Mais leur joli damoiseau hélas ! hélas ! n’entendait plus aucun oiseaux Car à force d’embrasser les flots il avait avalé beaucoup beaucoup trop du ruisseau et sa vie s’en était allée à vau-l’eau Trois naïades au fond d’un ruisseau S’amusaient à péter dans l’eau Assises sur un beau banc bien blanc Les os du dos, du dos de l’ondin Avec nos doigts Avec nos doigts Nous saurons bien nous occuper En attendant le prochain qui viendra prendre son bain