D�s 1973, apr�s avoir arr�t� le cin�ma o� il n'a pas vraiment rencontr� le succ�s, Brel se consacre � sa passion du voyage. Sur son bateau l'Askoy II achet� en 1974, il fait le tour du monde, visitant les �les paradisiaques dont il a longtemps r�v�. Mais Brel se sait condamn�, apr�s s'�tre fait enlever une tumeur au poumon fin 1974. En f�vrier 1976, Brel revient � Bruxelles pour y subir des examens, puis il retourne s'installer aux Marquises en juin. C'est l� qu'il �crit ses derni�res chansons, qui sortent sur l'album "Les Marquises" le 17 novembre 1977, dont un million d'exemplaires avaient �t� r�serv�s avant m�me sa sortie.
Sur cet album, Brel nous a laiss� quelques uns de ses plus beaux titres. Tout d'abord avec "Jaures", il rend hommage � cette ic�ne de toute une g�n�ration, qui a tant fait progresser les droits sociaux au d�but du 20e si�cle. Mais surtout Brel n'a plus de limites dans ses textes. Dans "Knokke-le-zoute Tango", il parle ouvertement de sexe, et de la prostitution � Amsterdam. Ses descriptions des femmes n'avaient jamais �t� aussi pr�cises. D'autre part avec "Les F ...", Brel offre un plaidoyer pour la culture et la langue fran�aises en Belgique, ridiculisant ceux qui tiennent � la langue flamande. Ce d�bat s'est depuis r�gl� dans le calme, mais peut-�tre pas d'une fa�on qui aurait plu � Brel, qui refusait tout simplement que l'on "impose" l'�tude du flamand aux enfants francophones. A noter qu'avec cette chanson Brel c�de au style disco en vogue � la fin des ann�es 70, ce qui change du tout au tout des autres titres de ce disque.
Sont pr�sents ici cinq extraits de la com�die musicale "Vilebrequin", � savoir "Voir un ami pleurer", "Vieillir", "Les remparts de Varsovie", "Le bon Dieu", et "Knokke-le-zoute Tango". Ces morceaux superbes valent � eux seuls la d�couverte de cet album. "Voir un ami pleurer" et "Vieillir", m�lancoliques � souhait, partent � la rencontre des pr�occupations de Brel, qui n'a jamais cach� ni sa pr�f�rence pour l'amiti� des hommes � l'amour des femmes trop volages, ni sa peur de la vieillesse. "Les remparts de Varsovie" est une chanson plus gaie, mais l� aussi c'est une critique des femmes.
L'album s'ach�ve sur le titre �ponyme, "Les Marquises", v�ritable monument musical � la gloire du dernier refuge de Brel, et de la vie simple et belle qu'il avait d�couvert l�-bas. Cette derni�re �tape de la vie de Brel se termine sur ce paysage sublime : le 7 octobre 1978, Jacques Brel est transport� d'urgence en France, � l'h�pital de Bobigny, o� il meurt le 9 octobre. Il est enterr� aux Iles Marquises (sur l'�le d'Hiva Oa) juste � c�t� de Gauguin. (samedi 24 mai 2003)
Timione