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Je voudrais pouvoir me vider de mes douleurs, expurger ses souffrances acquises.

Mais par où commencer.

Je ne sais plus les chemins.

Je ne sais plus, mais ai-je déjà su ?

Il suffit de peu de chose pour basculer dans un enfer qui n’est pas le sien.

Tous les rêves ne sont pas les yeux fermés.

Les rêves rerêvés.

Ces rêves rerêvés qui nous ramènent à une maison qu’on n’a jamais vue, un monde uniquement nocturne, avec ses ballades dans nos jardins andalous, mardj où déambulant, les crissements de nos pas se font entendre, échos de nos palpitations, des forces telluriques en nous créées par les battements, flux, reflux sanguins, ses pas qui raisonnent à l’irraisonné jusqu’à fabriquer des notes d’une musique en nous inventée, entendue, avec medjoûn, le fou, ce possédé qui, en nous, s’empare de nos sens, de nos corps, doûl, djinn , c’est ressemblant d’un état de possession où il n’y a plus de réalité, mais à quoi bon cette réalité froide, rêves rerêvés de rapports entre les gens qui n’ont rien à voir avec les liens du réel, du monde uniquement diurne fait de rapports, et de l’inverse, entre les gens, entre ceux qui nous entourent éveillés, tout y est changé, les sentiments, les sensations, les états de dépendance de soumission, les hiérarchies, la philosophie, les religions, les codes, les normes, tout, pourtant on les retrouve avec une réalité poignante puisqu’ils sont le point de départ de nos rêves rerêvés.

Tous les rêves ne sont pas les yeux fermés.

Aller là où se cela se passe ?

Je déambulais, je marchais.

Je marchais à perdre haleine. Je marchais pour perdre haleine.

Je me faufilais entre ombres et lumières. Je glissais entre les ombres et lumières des rues, sur les places, dans les parkings d’une ville. Peu importe la ville.

Peu importe d’ailleurs le parking, la place, la rue.

Je déambulais, je marchais, je me cognais aux vitrines des magasins comme pour continuer d’avancer dans cet espace, interstice du temps.

Les néons, les enseignes de magasins étaient comme un phare.

La foule comme la mer, était déchaînée, et mon bateau ne retrouvait sa route que grâce à cette bouée lumineuse flanquée au beau milieu de nul part.

Je butais sur ces lumières, je butais sur ses falots.

Aller là où se cela se passe ? Mais qu’est-ce qui se passe ?

Quelle était cette ville ? Y avait-il réellement une ville ?

Je ne savais où je me trouvais. Cela n’avait pas d’importance de savoir par ailleurs.

A quoi bon savoir ? A quoi bon se raccrocher à une réalité, puisque ce pouvait être partout et nul part.

Avais-je réellement marché ? N’avais-je pas rêvé que je marchais lentement, que je croisais des gens, que je leurs souriais et qu’ils me souriaient?

Je n’avais peut-être eu que l’impression de marcher, de me glisser entre ces ombres, dans ces lumières.

Je ne bougeais pas, mes pas n’étaient pas des pas. C’était les choses qui venaient à moi.

Aller où, retrouver sa place ?

C’est pareil, ce n’est pas ma place. Je sens que je n’ai pas de place.

Je n’avais plus de place, je n’ai plus de place.

Ils marchent, ils ne s’arrêtent pas de marcher ces gens que je croise, ses vies qui se décroisent à mon passage.

Mais ils ne me voient pas.

Depuis combien de temps marchent-ils ? Que font-ils de ses pas, voient-ils les traces de pas qu’ils laissent derrière eux ?

Qui m’a arrachée la langue, à moi qui entends et vois et rêve et imagine ?

Plus je cherche à sauter par-dessus mes limites, plus elles sont hautes.

Ils ne me voient pas, je suis une ombre, sans parole. Je suis une ombre sans parole, et moi en même temps.

Moi faite de cette réalité, de ces flux et reflux qui cognent en moi comme je me cogne sur ces gens qui ne me voient pas.

Je titube.

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