Remise du billet d'avion le 3 février 2011
à Pascal Terrasse, député de l'Ardèche.
Discours de Claude Esclaine de RESF Privas.
Monsieur le Député,
Vous allez recevoir un billet d'avion, pour la belle ville de Varsovie. Nul doute que vous seriez bien reçu dans cette capitale, car vous faites partie des 20% de la population mondiale à avoir le droit d'aller et venir, à votre guise.
Inga, elle, est sûre de son sort : elle sera définitivement rattrapée par les démons qu'elle a fuis.
Au nom des militants du Réseau Éducation sans frontières , nous vous demandons, Monsieur le Député, d'intervenir auprès de Monsieur le Préfet pour que le dossier d'Inga soit traité en France et non en Pologne . L'Allemagne remet en cause le principe de Dublin 2 en traitant les dossiers sur son sol, sans renvoi au pays où les demandeurs d'asile ont laissé leurs empreintes digitales. Pourquoi la France ne le ferait-elle pas ? Pourquoi la France ne le ferait-elle pas pour Inga et Valeri ? En effet, cette jeune femme de 29 ans et son fils de 9 ans souhaitent rester en France, pays auquel ils souhaitent demander asile, afin de ne plus être exposés aux très graves persécutions dont ils ont été victimes en Géorgie. Elle apprend le français, son fils est scolarisé, elle n'a rien d'une terroriste, mais elle survit dans l'angoisse du lendemain. Y-a-t-il un délit à vouloir vivre en France, revivre plutôt quand on considère ce qui pousse les migrants à fuir ?
Depuis que nous accompagnons des demandeurs d'asile dans leurs démarches, nous observons des signes qui montrent que des hommes, des groupes, des associations, sensibilisés aux dossiers des migrants, s'insurgent contre des lois de plus en plus dures qui régissent le sort de personnes fragiles. Comment les instituteurs pourront-ils énoncer les articles des droits de l'homme en cours d'éducation civique devant la chaise vide de Valéri sur les bancs de l'école René Cassin ? Le principal auteur de la déclaration des droits de l'homme en 1948 doit se retourner dans sa tombe !
Le 9 février, les syndicats de la justice administrative manifesteront leur indignation devant le flot de dossiers à traiter. Ils protestent contre le durcissement des procédures qui visent à expulser les étrangers en situation irrégulière.
Les cercles de silence durent depuis près de 3 ans à Privas et dans plus de 200 villes en France. Ils sont des vecteurs de la mobilisation et de la vigilance de citoyens de tout horizon.
Les citoyens attendent de la part des politiques des mots courageux, ceux qui font dire non à des lois iniques et incohérentes, des mots qui montrent que les leçons du passé ont été comprises, des mots qui engagent celui qui les dit, des mots que l'on retiendra quand le moment de témoigner viendra.
Khedher
Lettre à Monsieur le Préfet de l'Ardèche du 15 janvier 2011 :
Permettez-nous de vous faire part de notre profonde indignation devant les dernières décisions prises concernant une famille arménienne.
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Le jeudi 25 Novembre 2010, Monsieur Jndoyan Ischran a été arrêté à Privas à la sortie d’un rendez-vous à la préfecture où il devait remettre des documents officiels et conduit le jour même au centre de rétention administrative de Lyon Saint-Exupéry.
Dés le samedi 27 Novembre 2010, le juge des libertés, constatant l’irrégularité de la procédure d’arrestation le libérait.
Le jeudi 23 décembre, avant-veille de Noël, il était convoqué au Commissariat d’Annonay pour recevoir l’ordre de se rendre devant la Police de l’Air et des Frontières à LYON afin d’être expulsé en Arménie le 8 janvier.
Cette famille appartient à une minorité kurde Yéside rejetée et persécutée. Ischran y tenait un commerce d’alimentation avec son frère. Après avoir été longtemps racketté par la police locale, son frère a été assassiné... puis sa mère a été mortellement blessée quand ils n’ont plus pu donner de l’argent. Ischran et sa famille ont décidé de fuir le 29 mai 2006 et sont arrivés en France le 31 août 2006. Le père d’Ischran est resté seul mais, après avoir été à plusieurs fois menacé, il a fui en Russie... Le 14 octobre 2009, désespéré, il revient chez lui en Arménie mais à sa grande surprise, la maison est occupée et le magasin a trouvé de nouveaux propriétaires. Quand il est allé déposer plainte à la police, on lui a confisqué ses titres de propriété, il a été frappé violemment et a été hospitalisé plusieurs jours. Aujourd’hui, il vit caché...
Spoliée de sa maison d’habitation et de son magasin cette famille n’a plus rien...
Mme et M. Jndoyan et leurs quatre enfants risquent leur vie s’ils sont renvoyés dans leur pays qui n’est pas reconnu « pays sûr » par la France. Cette famille vit à Annonay depuis plus de 4 ans. Les quatre enfants sont scolarisés et suivent très honorablement leurs études. S’ils sont régularisés, Ischran pourra travailler, ses enfants pourront poursuivre leurs études.
En Arménie, « l’année a été marquée par la persistance de l’impunité pour les atteintes aux droits humains » (rapport 2010 d’Amnesty International).Bien qu’il ne considère pas l’Arménie comme un pays « sûr », l’OFPRA a refusé la demande d’asile, mais aujourd’hui, Ischran a engagé un nouveau recours auprès de la Cour Nationale du Droit d’Asile ; en effet, il lui est impossible d’y retourner car il risque sa vie. C’est inacceptable !
Nous demandons le respect du droit d’asile et de la Convention européenne des droits de l’homme, et de son article 3 : « … nul ne peut être soumis à des traitements inhumains ou dégradants…»
Nous demandons l’application de son article 13 … «Toute personne a droit à l’octroi d’un recours effectif devant une instance nationale… ». M. Jndoyan doit être régularisé ainsi que sa famille.
Leur pays c’est la France, ils l’ont choisie, il faut qu’ils restent.
Le Réseau Education Sans Frontières et le DUDH Annonay vous demandent d’arrêter cette procédure d’expulsion indigne de notre république et de régulariser cette famille.
Khedher
Le 13 mars 2010, à 11 H 00, 20 personnes se sont rassemblées sur la Place du Marché de la Ville du Cheylard (Ardèche).
Elles ont formées un CERCLE DE SILENCE, pour dénoncer l'inhumanité des Centres de Rétention Administrative vis-à-vis des sans-papiers.
Khedher
Le 27 février 2010, parties de Montélimar, en Drôme, ou de Viviers, en Ardèche, près de 700 personnes se sont rassemblées devant la Mairie de Donzère, dont le maire est Monsieur Eric Besson, ministre de l'immigration et de …l'identité nationale !
Cette marche pour la Dignité était organisée par un collectif Drôme-Ardèche d'associations, dont l'Association de Soutien aux Travailleurs Immigrés (ASTI), le Réseau Education Sans Frontières (RESF) et la Ligue des droits de l'Homme (LDH).
Les objectifs de cette Marche étaient de dénoncer la politique de l'immigration, le traitement infligé aux Demandeurs d'asile, et d'exiger la suppression du Ministère de l'Identité Nationale.
Khedher